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LIVRE XXXVI.
Mars 1809. était au nombre de ces prisonniers exposés aux plus grandsdangers. Beaucoup plus occupée de commettre des cruautésque d’élever des ouvrages défensifs, la populace portugaiseavait construit à la hâte quelques redoutes sur le pourtourextérieur d’Oporto. Ces redoutes, embrassant la ville d’O-porto, formaient une ligne demi-circulaire qui par ses deuxextrémités venait aboutir au Douro. Un pont liait la ville,située sur la rive droite par laquelle nous arrivions, avec lesfaubourgs, placés sur la rive gauche. Les ouvrages assezmal entendus des Portugais étaient armés toutefois de deuxcents bouches à feu de gros calibre, et présentaient un ob-stacle qui aurait été difficile à vaincre, s’il eût été défendupar des troupes qui n’eussent été que médiocres. Mais bienque comptant une soixantaine de mille hommes, tant soldatsque gens du peuple, bien que couverte de retranchements etde deux cents pièces de canon, l’armée portugaise, avec sonévêque général, n’était pas capable d’arrêter les 20 milleFrançais qui restaient au maréchal Soult.
Bataille d' 0 - Celui-ci, arrivé le 27 mars de Braga devant Oporto, futSucette e wiie r 'ïe frappé, mais non intimidé, par la vue des difficultés qu’il
29 mars. .
avait à vaincre. Il ne doutait pas de les surmonter toutesavec les soldats et les officiers qu’il commandait. Mais il pré-voyait que la riche ville d’Oporto, la plus importante, sousle rapport commercial, de toutes celles du pays, serait sac-cagée, et il aurait voulu épargner ce malheur au Portugal, àson armée, à l’humanité. En conséquence il somma la place,au moyen d’une lettre qui s’adressait à la raison des chefs, etil attendit la réponse en recevant dans ses bivouacs, sanss’émouvoir, les boulets lancés par la grosse artillerie de laplace.
Ses ouvertures, comme on devait le prévoir, demeurèrent sanseffet, et il résolut de livrer l’assaut dans la journée du 29 mars.11 ne fallait contre l’ennemi qui lui était opposé qu’une attaquebrusque et vigoureuse pour emporter les retranchements d’O-