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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Mars 1809.

Arrivée du ma-réchal Victor surles bords dela Guadiana.

compagnons d’armes, et ils tinrent cruellement parole quel-ques jours après, comme on va le voir.

Tant que le passage du pont d’Almaraz n’était pas achevé, lemaréchalVictorne pouvait pas s’avancer résolument jusqu’à laGuadiana. Cette opération étant terminée du24 au25 mars, etle maréchal ayant été rejoint par les dragons de Latour-Mau-bourg, il se dirigea vers les bords de la Guadiana , et la fran-chit à Medellin. (Voir la carte n° 43.) Parvenu sur ce point, ilfut obligé de se dégarnir un peu en infanterie et en cavaleriepour garder ses derrières, et contenir les rassemblements for-més autour de lui, dans les montagnes sauvages qu’il avaittraversées. 11 laissa à Truxillo quelques Hollandais détachésde la division Levai, et se priva de deux régiments de dra-gons, l’un pour observer la route de Mérida, l’autre pour veil-ler sur les montagnes de Guadalupe, qui étaient infestées deguérillas. Ces détachements faits, il ne lui restait pas plus de18 à 19 mille hommes; mais c’étaient des troupes d’une tellevaleur qu’il n’y avait pas à s’inquiéter de leur petit nombre.

Don Gregorio de la Cuesta, qui affectait sur la junte et surses compagnons d’armes une supériorité qui ne lui avait pasété reconnue d’abord, mais qui lui était concédée dans le mo-ment par suite des malheurs arrivés aux autres généraux, nepouvait pas reculer plus longtemps sans être rangé au niveaude ceux qu’il avait la prétention de mépriser. D’ailleurs unpas de plus, et il perdait, après la ligne du Tage, celle de laGuadiana, et découvrait Séville, capitale de l’insurrection, der-nier asile de la fidélité espagnole. Informé que le maréchalVictor s’était affaibli en route, renforcé lui-même par la divi-sion d’Àlbuquerque qui venait d’être détachée de l’armée ducentre, comptant ainsi 36 mille hommes les mieux organisésde l’Espagne, il se crut en état de livrer bataille, car il avaitjuste le double des forces de son adversaire. En conséquenceil se posta derrière la Guadiana, au delà du petit torrent dede l’Ortigosa, dans une position assez avantageuse, pour y