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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Juin 1809,

Le roi Joseph,en apprenant leséchecs essuyésau nord, ajourneles expéditionsprojetées au midide la Péninsule.

Dépêche inatten-due de Napoléon,écrite avant taconnaissancedes événements,laquelle confèreau maréchal

Le roi Joseph, apprenant toujours les nouvelles fort tard,ne sachant l’évacuation du Portugal, l’évacuation de la Galice,la querelle des deux maréchaux, qu’un mois après l’événe-ment, en éprouva le chagrin le plus profond, car il lui étaitfacile de prévoir les conséquences de ce triple malheur. Ilne songea plus dès lors à pousser le maréchal Victor en An-dalousie; il le retint au contraire sur le Tage, entre Almarazet Alcantara, pour faire face à Grégorio de la Cuesta, si celui-ci voulait repasser le Tage, ou aux Anglais, si ces derniersétaient tentés de le remonter de Lisbonne jusqu’en Estréma-dure. Les rêves brillants du mois d’avril, inspirés par lesvictoires de Medellin et de Ciudad-Real, étaient évanouis; ilfallait se borner à repousser victorieusement une attaque, sion en essuyait une, et à chercher dans les conséquences decette attaque heureusement repoussée le moyen de rétablirles affaires gravement compromises. La nouvelle de la ba-taille d’Essling qu’on recevait dans le moment n’était pas denature à embellir le tableau fort sombre qu’on se faisait àMadrid de la situation. Toutefois , les trois corps réunisdes maréchaux Ney, Mortier et Soult, pouvant présenter plusde 50 mille hommes dès qu’ils seraient reposés, étaient suffi-sants, si on les conduisait bien, pour jeter à la mer tous lesAnglais de la Péninsule. Mais il fallait qu’ils fussent bienconduits, surtout par une seule main, et dans l’état des chosesil était impossible d’espérer qu’il en fût ainsi.

Telle était la situation lorsque survint de Schœnbrunn unedépêche tout à fait imprévue, émanant de Napoléon lui-même,et qui fournissait une nouvelle preuve de ce que pouvait êtrela direction des opérations militaires imprimée de si loin “.

1 Ces faits n’ont jamais été rapportés suivant leur enchaînement naturel, etavec leur vrai sens, parce qu’ils ne l’ont jamais été d’après la correspondanceparticulière de Napoléon, de Joseph, du ministre Clarke, et des maréchaux.Aussi sont-ils restés inexpliqués et inexplicables. C’est avec ces documentssous les yeux que je donne les détails qui suivent, détails dont je garanti»