TALAVERA ET WALCHEREiN.
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passé à Orense sans détruire La Rotnana, qu’il avait jeté ainsi Juin lg09sur les derrières du maréchal Ney; et en revenant, tandisqu’on lui tendait la main pour détruire La Romana en com-mun, il se retirait clandestinement en Castille, laissant encorele maréchal Ney en Galice exposé à tous les dangers. Lemaréchal Ney écrivit tant au roi Joseph qu’au maréchal Soult,les lettres les plus blessantes pour ce dernier. Si j’avaisvoulu, disait-il, me résoudre à sortir de la Galice sans artil-lerie, j’aurais pu y rester plus long-temps, au risque de m’yvoir enfermé; mais je n’ai pas voulu m’exposer à en partir dela sorte, et j’ai fait ma retraite en emmenant mes blessés, mesmalades, même ceux de M. le maréchal Soult, restés à macharge. 11 ajoutait, à l’égard de ce maréchal, que quels quefussent les ordres de l’Empereur, il était décidé à ne plus ser-vir avec lui.
Ces tristes détails sont indispensables pour faire appréciercomment était conduite la guerre en Espagne, et commentNapoléon, en étendant ses opérations par delà les limitesauxquelles sa surveillance pouvait atteindre, les livrait auhasard des événements et des passions, et exposait à péririnutilement des soldats héroïques, qui devaient bientôt man-quer à la défense de notre malheureuse patrie. Pendant quele maréchal Ney se trouvait à Astorga, exprimant avec la vé-hémence de son naturel l’irritation dont il était rempli, exempleque ses soldats ne suivaient que trop, le maréchal Soult, àquelque distance de là, c’est-à-dire à Zamora, paraissait dé-voré de chagrin, profondément abattu, et constamment préoc-cupé. C’est ainsi du moins que les officiers chargés de rendrecompte au ministre de la guerre dépeignaient l’état d’esprit desdeux maréchaux '.
1 Le tableau des deux armées est tracé dans ces rapports avec des cou-leurs beaucoup plus vives que celles que j'emploie ici, couleurs que la dignitéde l'histoire ne permet pas de reproduire.