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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Juin 1809. » et aux deux autres maréchaux par quatre voies différentes. »Quand cette dépêche parvint en Espagne, c’est-à-dire dansles dernier jours de juin, elle y causa une extrême surprise,non pas qu’on désapprouvât la réunion des trois corps en uneseule main, mais parce qu’on ne comprenait pas qu’il fût pos-sible de faire servir ensemble les maréchaux Ney, Mortier,Soult, et surtout les deux premiers sous le dernier. Si Napo-léon eût été sur les lieux, il eût certainement réglé leschoses autrement. Il aurait, comme Joseph le lui écrivit avecbeaucoup de sens , laissé le maréchal Soult pour garder lenord de l’Espagne, et fait passer les maréchaux Mortier et Neysur le Tage, pour y renforcer le maréchal Victor, qui allaitavoir besoin de grands moyens contre les forces réunies de• l’Espagne et de l’Angleterre. Et si le maréchal Ney, que sagrande situation et son caractère impétueux rendaient peupropre à servir sous un autre chef que l’empereur lui-même,n’avait pu être employé sous le maréchal Victor, il l’auraitplacé dans la Manche afin d’y tenir tête à l’armée espagnoledu centre, et il eût réuni sous le maréchal Victor le généralSébastiani et le maréchal Mortier pour combattre les Anglais.La modestie du maréchal Mortier permettait de l’employerpartout, n’importe dans quelle position, pourvu qu’il eût desservices à rendre. Les trois corps de Mortier, Sébastiani et Vic-tor auraient suffi sans nul doute pour accabler les Anglais.Mais Napoléon était loin, et Joseph n’osait pas ordonner, decrainte de n’étre pas obéi. Du reste, grâce à un certain bonsens militaire dont il était doué, et aux sages conseils de sonchef d’état-major Jourdan, il eut l’heureuse idée de tirer le ma-réchal Ney de la fausse position où celui-ci se trouvait, et del’appeler à Madrid pour lui donner le commandement du corpsdu général Sébastiani, qui opérait, comme on le sait, dans laprovince de la Manche. Le maréchal Ney, toujours plus ex-aspéré , voulut rester à Benavente, ne pouvant se décider àquitter ses soldats qu’il aimait et dont il était aimé, et il y