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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Juillet 1801

Retour deJoseph versMadrid, afin decouvrir cettecapitale.

des plus instructives, car elle offre à elle seule une imagecomplète de ce qui se passait dans cette contrée, où l’onvoyait des soldats héroïques perdre les fruits de leur hé-roïsme par défaut de direction. Assurément le roi Josephet le maréchal Jourdan, obéissant uniquement l’un à son bonsens naturel, l’autre à son expérience, eussent beaucoup mieuxagi qu’ils ne le pouvaiant faire, s’ils n’avaient point été placésentre des généraux insubordonnés d’une part, et l’autoritétrop éloignée de Napoléon de l’autre, entre une désobéissancequi déconcertait tous leurs plans, et une volonté qui, à la dis-tance où elle était d’eux, les paralysait sans les guider. Tala-vera résumait complètement ce triste état de choses.

Joseph, qui était ramené vers Madrid par la crainte desdangers qui menaçaient cette capitale, se reporta sur Santa-Olalla, nullement, il faut le reconnaître, avec la précipitationd’un vaincu, car il ne l’était pas, mais au contraire avec lalenteur d’un ennemi redoutable, que le calcul et non la défaiteoblige à s’éloigner. Ses soldats avaient la fierté qui convenaità leur bravoure, et ne demandaient qu’à rencontrer de nou-veau les Anglais. Mais l’attitude de ces derniers prouvaitqu’on ne serait pas poursuivi, et on s’attendait d’ailleurs à lesvoir bientôt dans une position cruelle, par la prochaine arri-vée du maréchal Soult sur leurs derrières. Néanmoins Josephlaissa Victor sur l’Arberclie, pour les observer, et prendreaux événements la part qui pourrait lui échoir à l’apparitiondu maréchal Soult. Puis afin d’arrêter le général Vénégaset de couvrir Madrid, il se porta sur Tolède et Aranjuez avecle corps de Sébastiani et la réserve, qui étaient plus que suf-fisants malgré leurs pertes, pour tenir tête à l’armée de laManche, que le général Sébastiani seul avait déjà battue àplate couture.

Sir Arthur Wellesley, bien qu’il eût reçu la brigade Cravv-ford le lendemain de la bataille de Talavera, ce qui lui valait3 à 4 mille hommes du renfort, avait été si gravement maltraité,