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[Vol. 6.]
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TALAVERA ET WALCITEREN.

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l’Alberche. Ainsi le hasard après avoir commencé cette ba- Jui||el isw. -taille se chargeait de la finir ’. Au surplus notre armée re-passa l’Alberche sans être poursuivie, et en emportant tousses blessés, tous ses bagages, toute son artillerie, sauf les huitpièces de la division Levai laissées dans un champ d’oliviers.

Les Anglais, fort heureux d’être débarrassés de nous, se se-raient bien gardé de nous poursuivre. Ils avaient plusieursgénéraux tués ou blessés et 7 à 8 mille hommes hors de com- Résultat» de ia

bataille de

bat, dont 5 mille pour leur compte, et le reste pour le Taiaver».compte des Espagnols. C’était surtout notre artillerie quiavait produit ce ravage dans leur rangs. Nos pertes n’étaientguère moindres : nous avions environ 6 milles blessés et unmillier de morts. Le général Lapisse, officier très-regrettable,avait été tué. Plusieurs généraux et colonels étaient égale-ment morts ou blessés. Cette bataille, demeurée indécise,eût été certainement gagnée, si le maréchal Victor n’eût pasattaqué intempestivement et sur un seul point, tant la veilleque le matin ; si, lorsque l’attaque de partielle était devenuegénérale, on eût donné le temps à la droite de seconder l’ac-tion de la gauche; si on ne se fût pas retiré trop tôt; si onn’eût pas terminé l’action comme on l’avait commencée, c’est-à-dire au hasard; si enfin tout n’eût pas été livré à la confu-sion, faute d’entente et de volonté. La bataille de Talaveraest l’une des plus importantes de la guerre d’Espagne, et l’une

1 L’ordre de se retirer donné ainsi presque sans motifs au maréchal Vie- .tor, qui ne le transmit au général Sébastiani que par obéissance, mais dansl’espérance que cet ordre serait révoqué, devint l’occasion d’une vive con-testation entre le roi Joseph et le maréchal Victor même. J'ai lu les mé-moires de l’un et de l'autre adressés à l’Empereur, leur juge h tous, et c’estde leur comparaison, faite avec impartialité, que j'ai extrait les détails que jerapporte ici. J’ai cru devoir réunir les pièces de ce singulier procès, et, àcause de leur étendue, les rejeter à la fin de ce volume, pour donner uneidée du chaos des volontés là où Napoléon n’était pas. On y verra aussi, jel’espère, combien en peignant les passions du temps je suis loin de m’y asso-cier, et d’en reproduire le langage.