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LIVRE XXXVI.
Juillet 1809.
Premier mouve-ment de sir Ar-thur Wellesleyvers Oropesa,pour tenir tèteau maréchalSoult.
Arrivée tardivedu maréchalSoult
à Plasencia.
Jourdan. Quant à sir Arthur Wellesley, ses soldats ne mar-chaient pas comme ceux du général Bonaparte en Italie, etavec les -18 mille Anglais qui lui restaient après la bataille deTalavera, que l’arrivée de la brigade Crawford portait peut-être à 22 mille , qu’aurait-il fait contre les 50 mille hommesdu maréchal Soult? — Évidemment rien, sinon de s’exposerà un désastre. Il n’y a donc pas à lui reprocher d’avoirmanqué ici l’occasion d’une grande victoire.
Du reste sir Arthur Wellesley avait eu à peine vingt-quatreheures pour se remettre de cette rude bataille , qu’il appritpar les gens du pays qu’on préparait des vivres en deçà et audelà du col de Banos, sur la route qui mène de Castille enEstrémadure. Les avis recueillis ne parlaient que d’une dou-zaine de mille hommes, ce qui n’avait pas lieu de l’inquiéterIl voulut aussitôt se porter au-devant d’eux, en laissant donGregorio de la Cuesta sur ses derrières pour observer le ma-réchal Victor. En conséquence il se dirigea sur Oropesa,route de Plasencia, pour recevoir les Français qui s’avançaientde ce côté, et qui ne devaient être, d’après ses conjectures,que le corps du maréchal Soult déjà battu en Portugal.
Ce maréchal arrivait enfin, mais trois ou quatre jours aprèsle moment où sa présence aurait pu produire d’immenses ré-sultats. Le 26 il avait sous la main le corps du maréchalMortier à Salamanque, et Je sien même à une marche en ar-rière. En partant le 26 ou le 27, il aurait pu en trois ouquatre jours, déboucher sur Plasencia, et être le 30 ou 31 surles derrières de sir Arthur Wellesley. Le surprenant épuisépar une grande bataille , il devait, avec les 38 mille hommesqu’il amenait, le jeter en désordre sur le Tage , et lui fairepayer cher la demi-victoire de Talavera. Mais le maréchalSoult n’osant pas se risquer sans avoir toutes ses forcesréunies, voulut attendre le maréchal Ney, qui s’étaithâté d’obéir, mais qui venait de trop loin pour re-joindre à l’époque indiquée. Il voulut aussi remplacer