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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Août 1809. et de constance, et que même aucune de ces choses ne seréalisant, le maréchal Soult eût marché plus vite sur Plasencia,les Anglais eussent été victorieusement repoussés de l’Es-pagne , et cruellement punis de leur intervention dans la Pé-ninsule. Une ou deux de ces fautes de moins, et le sort dela guerre était changé !

S oi”on ' àVégard lorsque Napoléon qui était à Schœnbrunn, occupé à négo-

^d'Espâgne" 15 c i er et ^ préparer ses armées d’Allemagne, pour le cas d’unereprise d’hostilités, apprit les événements de la Péninsule, ilen fut profondément affecté, car il avait besoin, pour négo-cier avantageusement et n’étre pas obligé de combattre denouveau, que tout se passât bien partout, et que l’Autrichene trouvât pas dans les événements qui s’accomplissaient ail-leurs des motifs d’espérance. Ne se faisant point à lui-mêmesa part dans les fautes commises, et, tout grand qu’il était,restant homme, ne voulant voir que les fautes des autres sansreconnaître les siennes, il jugea sévèrement tout le monde. Ileut un vif regret d’avoir sitôt tranché la question entre lesmaréchaux Ney, Mortier, Soult, par la réunion des trois corpsdans la main du dernier; il blâma le maréchal Soult d’avoirmarché en Portugal sans avoir détruit La Romana, de n’avoirpas pris de parti à Oporto, de n’avoir pas rouvert ses commu-nications avec Zamora, d’avoir fait une triste retraite. Il con-çut d’étranges soupçons sur ce qui s’était passé à Oporto, etun moment même il éprouva une irritation telle qu’il songeaità mettre le maréchal en jugement. Mais il avait déjà le pro-cès du général Dupont, qui était devenu une grave difficulté;il avait dû sévir à moitié contre le prince de Ponte-Corvo, ettrop de rigueurs à la fois présentaient le double inconvénientde se montrer sévère envers des compagnons d’armes, aux-quels chaque jour il demandait leur sang, et surtout de révé-ler le besoin de la sévérité. Que de plaies en effet à révélers’il se portait à un éclat 1 Parmi ses lieutenants, les uns finis-sant par faiblir devant l’immensité des périls, d’autres s’es-