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LIVRE XXXVI.
Juillet 1809.
État de désarmement dans le-quel Retrou-vaient les Flan-dres, au momentoù se présentè-rent les Anglais.
préparatifs du débarquement. Les Anglais avaient une tellemasse d’embarcations que la descente à terre d'un grandnombre de troupes à la fois , était pour eux la plus facile desopérations.
On ne pouvait surprendre le territoire français dans unmoment plus favorable pour l’insulter impunément. Il n’avaitété fait dans l’ile de Walcheren, ni dans la région environ-nante, aucun préparatif de défense, non pas que les avis eus-sent manqué, mais parce qu’on n’avait pas attaché à ces avisl’importance qu’ils méritaient. Il était certainement impos-sible qu’une aussi vaste réunion de forces eût lieu sur lesrivages d’Angleterre , sans qu’on en sût quelque chose surceux de France, malgré l’interruption des communications.En effet, des prisonniers français échappés, des espions bienpayés, avaient averti les autorités du littoral, et celles-ciavaient informé à leur tour les ministres de la marine et dela guerre. Mais le ministre de la marine, tout plein du sou-venir de Rochefort, n’avait cru qu’à un envoi de brûlots des-tinés à incendier la Hotte de l’Escaut, et avait voulu, commenous l’avons dit, enfermer cette flotte dans Flessingue, ce quel’amiral Missiessy avait refusé de faire, pour des raisons quel’événement justifia. Quant au ministre delà guerre, n’avatltrien à envoyer à Anvers contre une armée de 40 mille sol-dats , n’osant pas prendre sur lui de détourner du Danubevers l’Escaut le torrent d’hommes et de matières qu’on diri-geait sur l’Autriche, même depuis l’armistice, il n’arréta aucunemesure, et aima mieux croire avec le ministre de la marineque l’expédition annoncée se réduirait à des brûlots, contrelesquels ils fallait se prémunir en interceptant les diversespasses de l’Escaut. Il ne se trouvait donc à la portée d’An-vers que le camp de Boulogne, quelques compagnies de gar-des nationales consacrées £ous le sénateur Rampon à la sur-veillance des côtes, quelques demi-brigades provisoires, maisle tout dispersé, sans organisation, sans artillerie, sans