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LIVRE XXXVï.
Août 1809.
Effet produit surle cabinet fran-çais par la nou-velle du débar-quement desAnglais à Wal-rlieren.
ravant achever le siège de Flessingue, ce qui permettrait d’in-troduire la totalité de la flotte dans l’Escaut occidental, et deparvenir par mer à Batz et Santvliet, point de départ pourconduire l’expédition de terre jusqu’à Amers. Cette disposi-tion donnait quelques jours au gouvernement français pourorganiser les premiers moyens de défense.
Le télégraphe avait annoncé le 31 juillet, à Paris, le dé-barquement des Anglais dans l’ile de Walcheren, et le 1 eraoût le gouvernement tout entier avait été informé de la gra-vité du péril. En l’absence de Napoléon le gouvernement secomposait des ministres présidés par l’archichancelier Cam-bacérès. Parmi les ministres, trois seulement pouvaient encelte occasion jouer un rôle, les ministres de la guerre et dela marine, MM. Clarke etDecrès, parce qu’ils étaient spéciauxdans une affaire qui intéressait la sûreté du territoire et de laflotte, et le ministre de la police Fouché, parce qu’il était leseul qui eût conservé une sorte d’importance politique depuisla retraite de M. de Talleyrand, 11 avait vu son existencemenacée, lors de la disgrâce de ce dernier, et il en était de-venu plus remuant que de coutume, soit pour se remettre enfaveur s’il réussissait à signaler son zèle dans un moment dif-ficile, soit pour être personnage principal si les affaires del’Empire venaient à péricliter, ainsi que bien des gens com-mençaient les uns à le craindre, les autres à l’espérer. Beau-coup d’esprits, en effet, voyaient des signes d’affaiblissementpour le pouvoir de Napoléon dans la guerre d’Espagne quitendait à s’éterniser, dans la guerre d’Allemagne qui avaitparu un instant douteuse, dans l’inquiétude qui déjà gagnaitpeu à peu les populations, dans le mécontentement qu’exci-taient les affaires de l’Église dont nous ferons bientôt con-naître la suite. C’était donc pour un personnage inquiet, peusûr, voulant être en tête de tous les changements de la for-tune, une occasion de s’agiter.
Bien qu’il flattât beaucoup l’Empereur, M. Fouché était