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LIVRE XXXVI.
Août 1809.
M. Fouché pro-cède de sa pro-
Ï »re autorité à laevée des gardesnationales.
sur Anvers toutes les troupes dont on pourrait se passer.Les trois demi-brigades du Nord, les deux de Paris, les qua-tre bataillons de Louvain, celui de la Yistule formaient à peuprès 10 mille hommes d’infanterie, les gardes nationaux d’é-lite 5 mille. Avec la gendarmerie, l’artillerie, les dépôts tirésdes environs, on pouvait compter sur une force de 20 millehommes, à laquelle devaient s’ajouter le camp de Boulogne,et une division de Hollandais que le roi Louis amenait à sasuite. C’était un total de 30 mille hommes, qui suffirait ens’appuyant sur Anvers pour empêcher un coup de main.La difficulté consistait uniquement à les faire arriver à tempscar le plus grand danger que l’on courût dans le moment,c’était la promptitude que les Anglais apporteraient dans leuropération. Il fallait au moins quinze jours pour que ces forcesfussent réunies à Anvers avec les chevaux, les officiers, lematériel nécessaire, et en quinze jours les Anglais pouvaientbien avoir pris Flessingue, et mis le siège devant Anvers. Laquantité des forces importait donc moins que la célérité, vuque derrière les murs et les inondations d’Anvers, le nombreet la valeur des troupes devenaient d’une importance secon-daire. Le général Clarke donna les ordres nécessaires pourque tous ces mouvements s’exécutassent le plus tôt possible.Il envoya à Anvers un officier du génie du premier mérite,M. Decaux, depuis ministre, et il écrivit au roi de Hollande,pour lui insinuer que s’il voulait le commandement, il ne te-nait qu’à lui de le prendre en qualité de connétable.
Cependant M. Fouché commença de son côté le grand mou-vement dont le conseil n’avait pas paru être d’avis, et il écri-vit à tous les départements de la frontière du Nord, pour lesinviter au nom de l’Empereur à lever les gardes nationales.La lettre adressée aux préfets, et destinée à être publiée,faisait appel à l’honneur, au patriotisme des populations,leur disait que Napoléon en s’éloignant de ses frontières pours’enfoncer en Autriche avait compté sur elles, et que sans