Band 
[Vol. 6.]
Seite
174
JPEG-Download
 

174

LIVRE XXXVI.

Août 1809 . fièvres, et de donner à la défense d’Anvers le temps de secompléter. Il lui enjoignit formellement de ne pas perdre uneminute pour rompre les digues, et plonger l’ile entière deWalcheren sous les eaux. Ensuite il ordonna de faire remon-ter la flotte à Anvers et même au-dessus, si on ne l’avait pasencore fait, de tendre les inondations là seulement où ellesseraient nécessaires, de bien se garder de couler des carcas-ses de vaisseaux dans les passes, car il ne voulait pas qu’onperdit l’Escaut dans l’intention de le défendre; de réunir àAnvers sous le maréchal Bernadotte les demi-brigades pro-visoires, les gardes nationaux d’élite du général Rampon, lesbataillons de dépôt disponibles, la gendarmerie du maréchalMoncey, les Hollandais du roi Louis, le tout pouvant consti-tuer une armée de vingt-cinq mille hommes, qu’on établiraitautour d’Anvers, derrière des digues et des inondations, demanière à rendre la place inaccessible, sans toutefois livrerde bataille, la fièvre devant seule, répétait-il, lui faire raisondes Anglais; de former après cette première armée une se-conde, exclusivement composée de gardes nationaux, distri-buée en cinq légions commandées par autant de sénateursanciens militaires, laquelle s’étendrait depuis la Tête de Flan-dre (faubourg d’Anvers), jusqu’à l’ile de Cadzand, pour garderla gauche de l’Escaut, en cas que les Anglais essayassent d’ydescendre; d’organiser le mieux possible cette nouvelle armée,d’y appeler non des officier réformés, anciens serviteurs dela République, mais des officiers tirés des dépôts d’infanterie,notamment les majors qui presque tous étaient excellents ; derassembler le matériel et le personnel de quatre-vingts bou-ches à feu, ce dont il donnait le moyen en laissant en Francedix compagnies d’artillerie sur celles qu’il avait demandées;" de mettre enfin cette seconde armée sous les ordres du ma-réchal Bessières, qui était guéri de la blessure reçue à Wa-gram, sur le dévouement duquel il comptait, et qu’il n’étaitpas fâché de placer à côté du prince Bernadotte, pour secon-