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[Vol. 6.]
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TALAVERA ET WALCHEREN.

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jours plus aigre, Napoléon blâma la confiance qu’on avait eue A » |U >* y -en lui, et joignant la raillerie au blâme, il écrivit à ses mi-nistres : Est-ce parce qu’il porte le titre de connétable quevous avez choisi Louis ? Mais Murat porte celui de grand amiral :que diriez-vous si je lui donnais une flotte à commander? —

Ces points réglés, la convocation des gardes nationalesétant adoptée, le maréchal Bernadotte étant désigné pour lecommandement en chef, il donna sur la conduite à tenir desinstructions d’une prudence, d’une habileté, d’une prévoyanceadmirables. — N’allez pas, écrivit-il à ses ministres, essayerd’en venir aux mains avec les Anglais. Un homme n’est pasun soldat'. Vos gardes nationaux, vos conscrits des demi-brigades provisoires, conduits pêle-mêle à Anvers, presquesans officiers, avec une artillerie à peine formée, opposés auxbandes de Moore qui ont eu affaire aux troupes de la vieillearmée, se feraient battre, et fourniraient à l’expédition an-glaise un but qui ne tardera pas à lui manquer, si elle n’apas pris la flotte comme je l’espère, et si elle ne prend pasAnvers comme j’en suis sûr. 11 ne faut opposer aux Anglaisque la fièvre, qui bientôt les aura dévorés tous, et des sol-dats blottis derrière des retranchements et des inondationspour s’y organiser et s’y instruire. Dans un mois les Anglaiss’en iront couverts de confusion, décimés par la fièvre, etmoi j’aurai gagné à cette expédition une armée de 80 millehommes, qui me rendra bien des services si la guerre d’Au-triche doit continuer. —

Conséquent avec ces pensées, Napoléon ordonna au géné-ral Monnet de défendre Flessingue à outrance, afin de retenirles Anglais le plus long-temps possible dans la région des

1 Expression textuelle de Napoléon. Ce qui suit est une analyse fidèled’une centaine de lettres admirables sur l’expédition de Walcheren. J’ai crudevoir en publier quelques-unes qu'on trouvera à la fin de ce volume. Je lescite pour montrer comment Napoléon jugea cette célèbre expédition, et com-bien ses jugements diffèrent de ceux que le public lui a prêtés.