192
LIVRE XXXVII.
Sept. 1809. Napoléon voulait la paix, et la voulait sincèrement par desmotifs excellents.
Motifs deKapo- Au début de la guerre, se flattant d’accabler l’Autriche du
leon pour faire
aboutira la paix premier coup, oubliant trop la grandeur des moyens quelle
les négociations ! 1 1
d'Aitenbourg. ava it préparés, Napoléon avait été surpris de la résistancequ’il avait rencontrée, et bien qu’il n’eût jamais été ébranlédans sa confiance en lui-même, il avait cru un peu moins àla facilité de renverser la maison de Habsbourg. Ne songeantplus maintenant ou presque plus à la détruire, la guerre étaitsans but pour lui, car ayant ôté à cette puissance les Etatsvénitiens et le Tyrol en 1805, il n’avait plus rien à en déta-cher pour lui-même. Arracher encore à l’empereur d’Au-triche deux ou trois millions d’habitants pour renforcer leduché de Varsovie vers la Gallicie, la Saxe vers la Bohême,la Bavière vers la Haute-Autriche, l’Italie vers la Carniole, n’é-tait pas un intérêt qui valût une nouvelle campagne, quelquebrillante qu’elle pût être. Ce qui eût tout à fait rempli sesdésirs, c’eût été de séparer les trois couronnes d’Autriche,de Bohème et de Hongrie, de les disperser sur des têtes au-trichiennes ou allemandes, d’abaisser ainsi pour jamais l’an-cienne maison d’Autriche, ou bien de faire abdiquer l’empe-reur François, ennemi irréconciliable, pour le remplacer parson frère le duc de Wurzbourg, successivement souverain de laToscane, de Salzbourg, de Wurzbourg, prince doux et éclairé,autrefois ami du général de l’armée d’Italie, et aujourd’huiencore ami de l’Empereur des Français. Dans ce cas Napoléonn’aurait pas exigé un seul sacrifice de territoire, tant son ou-gueil eût été satisfait de détrôner un empereur qui lui avaitmanqué de parole, tant sa politique eût été rassurée en voyantle trône de l’Autriche occupé par un prince sur l’attachementduquel il comptait. Mais séparer les trois couronnes, c’était dé-truire la maison d’Autriche, et pour cela il fallait encore deuxou trois batailles accablantes, que Napoléon avait grande chancede gagner, mais qui peut-être provoqueraient de l’Europe dé-