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LIVRE XXXVII.
Sept. 1809.
Première e'non-dation parM.deCharapagny dela condition deVuti-possidelis.
Effet produit surles négociateursautrichiens.
engagés contre les Anglais en Espagne, il avait vu toutes lespromesses oubliées, la guerre reprise sans aucun souvenir dela parole donnée; qu’après une semblable expérience, il n’é-tait plus permis d’étre généreux, et qu’il fallait que la guerrecoûtât à ceux qui la recommençaient si facilement, et avec sipeu de scrupule.
M. de Metternich répliqua par les mille griefs qu’il était sifacile de puiser dans l’ambition de Napoléon. Il objecta, etavec raison, la destruction de la maison d’Espagne, l’effroicausé dans toutes les cours par cette entreprise audacieuse,et tandis qu’on aurait dû les rassurer, l’établissement d’uneintimité profonde avec la Russie, intimité qui faisait craindreles plus redoutables projets contre la sûreté de tous les Etats,enfin le refus d’admettre l’Autriche, sinon dans cette intimité,du moins dans la connaissance de ce que la Russie et laFrance préparaient au monde. Après la longue énumérationde tous ces griefs, qui prit plus d’une conférence officielle, etplus d’un entretien particulier, il fallut en venir à articulerune prétention, les Autrichiens persistant à soutenir que lesFrançais qui demandaient des sacrifices, devaient parler lespremiers. M. de Ghampagny, quoiqu’il sentit l’énormité dece qu’il allait énoncer, mais obéissant à son maître, présentala base de Yuti-possidetis, d’après laquelle chacun garde cequ’il a, sauf échange de certaines portions de territoire contred’autres. M. de Metternich répondit que si c’était sérieuse-ment qu’on faisait une telle proposition, il fallait se préparer àse battre, et à se battre avec fureur, car c’étaient neuf millionsd’habitants qu’on demandait, c’est-à-dire le tiers au moins dela monarchie , c’est-à-dire sa destruction, et que dès lors onn’avait plus à traiter ensemble.
Après ce premier mot, on se tut pour quelques jours. Uneprécaution de Napoléon ajouta une nouvelle froideur à la né-gociation. De peur qu’à l’occasion de la Gallicie et de l’agran-dissement du duché de Varsovie, on ne lui prêtât ce qu’il ne