Band 
[Vol. 6.]
Seite
211
JPEG-Download
 

LE DIVORCE.

211

sentiments qu’il éprouvait dicta une lettre fort vive, fort amèrepour l’empereur d’Autriche. Toutefois, lorsqu’il se fut calmé,il s’abstint de la remettre à M. de Bubna ', en faisant la re-marque qu’il ne fallait pas s’écrire entre souverains pours’adresser des paroles injurieuses, et se reprocher de m passavoir ce qu'on disait. Il fit appeler M. de Bubna, répétadevant lui tout ce qu’il avait dit la veille, déclara de nouveauque ses dernières propositions étaient son ultimatum, qu’endeçà il y avait la guerre, que la saison s’avançait, qu’il voulaitfaire une campagne d’automne, qu’on devait donc se hâter delui répondre, sans quo il dénoncerait l’armistice; que dans unpremier mouvement il avait écrit une lettre qui n’aurait pasété agréable à l’empereur, qu'il se décidait à ne pas l’envoyer,pour ne pas blesser ce monarque, mais qu’il chargeait M. deBubna de reporter à Dolis tout ce qu’il avait entendu, et derevenir le plus tôt possible avec une réponse définitive.

Mais ce qu’il ne voulut pas écrire directement à l’empereur,il le fit dire aux négociateurs à Altenbourg, en leur adressant,par M. de Champagny, une note des plus véhémentes, danslaquelle il exhalait tous les sentiments dont il avait cru devoirépargner l’expression à l’empereur lui-même 2 .

1 Voici line lettre à >1. Maret, qui exprime parfaitement ce qui se passaen lui à ce sujet :

“ Schcenbrunn, le 23 septembre 1809.

» Vous trouverez ci-joint une réponse à l’empereur, que vous remettrez augénéral Bubna. Je vous en envoie la copie, pour que vous la lui lisiez. Vouslui direz que j’avais d’abord fait une lettre de trois pages, mais que cettelettre pouvant contenir des choses qui auraient pu être désagréables à l’em-pereur, pour me tirer de ce mauvais pas, j’ai pris le parti de ne pas récrire.En effet, il n’est pas de ma dignité de dire à un prince: Vous ne savez ceque vous dites; or, c’est ce que je me trouvais obligé de lui dire, puisque salettre était basée sur une fausseté:

» Napoléon. »

2 Je cite cette note, qui exprime très-complètement l’état de la né-gociation:

Sept. 1809.

Napoléonadresse à I Au-triche l’expres-sion de son vifmécontentement,et se montre prêtà recommencerles hostilités.

u*