LE DIVORCE.
221
moins pour le moment. Il n’y avait qu’à s’en rapporter auxlettres de sir Arthur Wellesley pour en être persuadé. L’An-gleterre venait de perdre à Walcheren la moitié de sa meil-leure armée, et cette expédition était devenue chez elle unevraie pomme de discorde jetée à tous les partis. La Prusseétait tremblante à l’occasion de l’imprudence commise par lemajor Schill. La Russie seule était debout, et visiblementpeu satisfaite du rôle assez brillant joué par les Polonais danscette guerre, et de l’agrandissement que leur conduitedevait leur valoir. Mais engagée dans les liens de l’alliancefrançaise, ne pouvant pas donner encore une fois, comme àTilsit, l’exemple d’un revirement politique opéré en vingt-quatre heures, ayant gagné la Finlande à cette alliance, enespérant la Moldavie et la Valachie, elle ne voulait pas se dé-tacher de Napoléon pour passer à l’empereur François; etcomme une continuation de la guerre ne pouvait que la placerdans le plus extrême embarras, puisqu’il lui faudrait, à lareprise des hostilités , ou rompre avec les Français , ou mar-cher avec eux, elle venait de s’expliquer d’une manière caté-gorique à Dolis, et de déclarer qu’en cas de prolongation deguerre elle agirait résolument avec Napoléon. Elle s’était ex-primée ainsi pour faire cesser avec plus de certitude la guerreentre la France et l’Autriche. Elle y réussit en etïet, car l’em-pereur François, accablé par cet ensemble des circonstances,céda enfin, en autorisant MM. de Liechtenstein et de Bubna àconsentir aux sacrifices exigés, sauf toutefois le chiffre de l’in-demnité réclamée, sur lequel les deux négociateurs eurentordre d’insister encore, afin d’obtenir une nouvelle réduction.C’est tout au plus s’ils étaient autorisés à souscrire à 50 mil-lions, au lieu de 100 que demandait Napoléon.
Le 10 octobre ils s’abouchèrent avec M. de Champagny, etse montrèrent fort affligés des exigences deNapoléon à l’égardde la contribution de guerre, les seules auxquelles il leur fûtinterdit de satisfaire, à cause du déplorable état des finances
Sept. 1809.
Une déclarationformelle de URussie à l’Au-triche , de'cidecelle-ci à siguerla paix."