LE DIVORCE.
231
le vieil ordre de choses européen, voulut rompre avec la mai-son d’Espagne et avec le Pape, il s’empara des Légations,qu’il attacha ou royaume d’Italie sous le titre de départements,et fit occuper Rome par le général Miollis. Pour justifier cetteoccupation, il avait prétexté la nécessité de lier par le centrede la Péninsule ses armées du nord et du midi de l’Italie, eten outre le besoin de se prémunir contre les menées hostilesdont Rome était constamment le théâtre. A partir de ce jourla situation était devenue intolérable. Le Pape, ayant quittéle Vatican pour le Quirinal, s’était enfermé dans ce dernierpalais comme dans une forteresse, et y avait donné lieu àdes scènes aussi déplorables pour le pouvoir oppresseur quepour le pouvoir opprimé. Le général Miollis, condamné à unrôle des plus ingrats, pour lequel il n’était pas fait, car cetintrépide soldat était aussi cultivé par l’esprit que ferme parle cœur, le général s’efforcait vainement d’adoucir sa mission.Pie VII, indigné au plus haut point comme pontife de la vio-lence exercée envers l’Église, ulcéré comme prince de l’ingra-titude de Napoléon, qu’il était allé sacrer à Paris, ne pouvaitplus contenir les sentiments auxquels il était en proie, et qui,sans diminuer le tendre et religieux intérêt qu’il méritait, luifaisaient perdre une partie de sa dignité. Le général Miollisayant voulu le visiter au premier de l’an à la tête de son état-major, il avait refusé de le recevoir. Les cardinaux de leurcôté n’avaient pas accepté les invitations que le général leuradressait, sous prétexte qu’ils étaient malades, et celui-ciavait affecté d’envoyer chercher de leurs nouvelles. Enfin lePape n’ayant plus les caisses romaines à sa disposition, etrésolu à ne rien demander, avait mis en gage la belle tiaredont Napoléon lui avait fait présent lors du couronnement;triste commerce d’épigrammes, qui n’aurait pas dù rabaisserles rapports déjà si difficiles qu’avaient entre elles des puis-sances si différemment grandes. Il n’était pas possible que deces procédés offensants on ne vînt bientôt aux violences.
Octob. 1809.
Longue suite dedeméle's de Na-poléon avecPie Vil.
Situation duPape, enferme'dans le palaisQuirinal.