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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVII.

octob. 1809 . Comme on avait appris que le Pape adressait des protesta-tions aux cours étrangères, on avait arrêté ses courriers, cequi prouvait suffisamment la vérité autrefois si bien comprisepar le Premier Consul, que, pour être indépendant, le Papedevait être souverain temporel du territoire dans lequel ilrésidait. Pie VII se disant alors prisonnier n’avait plus voulucorrespondre avec personne, pas plus avec le gouvernementfrançais qu’avec d’autres.

Les troupes romaines adroitement flattées par le généralMiollis, qui leur avait persuadé qu’en se laissant incorporerdans les troupes françaises, elles cesseraient de porter levieux sobriquet de soldats du Pape , avaient consenti à cetteincorporation. Le Pape voulant les punir en les dénationali-sant, avait changé l’uniforme et la cocarde des troupes romai-nes, et n’avait accordé cette nouvelle cocarde qu’aux troupesqui lui étaient restées fidèles c’est-à-dire à la garde noble età la garde suisse qui occupaient son palais. Bientôt les jeunesgens de famille qui composaient la garde noble, blessés de cequ’éprouvait leur souverain, avaient bravé les Français avecune arrogance, qui dans leur position était un courage méri-pësannement de toire. Le général français à son tour cédant à un sentimentpalais du P p°ape e . c * e fi erté blessée avai ' t envahi le Quirinal, enfoncé les portes,et désarmé la garde noble, dans le propre palais du souve-rain pontife. Après un tel outrage il n’y avait plus aucuneviolence qu’on ne pùt se permettre. Pie VII, depuis qu’ils’était privé du cardinal Consalvi, avait pris successivementpour secrétaires d’Etat, le cardinal Gabrielli, et le cardinalPacca. On avait voulu arrêter ce dernier au milieu du Quiri-nal, mais le pape déployant en cette occasion toute la majestéde son âge et de sa dignité suprême, était venu en habitspontificaux couvrir son secrétaire d’État, qu’on n’avait pasosé saisir en sa présence. Depuis il l’avait fait coucher dansune chambre à côté de la sienne, et il vivait au milieu dequelques domestiques fidèles, qui se succédaient pour veiller