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LIVRE XXXVII.
Octob. 1809. tocsin. Quoique ces bruits ne se fussent point réalisés, ilsavaient excité l’imagination des autorités françaises, et leuravaient persuadé qu’il n’y aurait à Rome aucune sûreté, tantqu’on y souffrirait le Pape et surtout son ministre, le cardinalPacca, qui était réputé l’agent principal du parti ecclésiastique
Les autorite's le plus exalté. Arrêter le cardinal Pacca sans le Pape dont
françaises, ef- .. . . . , ... ... . „
frayées de vétat il ne quittait plus la personne, paraissait impossible et însuf-
de Rome, et en-
hardies par les fisant, et arrêter les deux semblait être devenu le seul moyen
lettres de Napo-
leon font arrêter je salut. On reculait toutefois devant cet attentat, digne
cardinal Pacca. conséquence de celui de Bayonne, lorsque les lettres si im-prudemment écrites par Napoléon à Murat, et communiquéespar ce dernier au général Miollis, levèrent tous les scrupules.Néanmoins le général Miollis hésitait encore, mais le colonolRadet insistant, par la raison que Rome n’était plus gouver-nable si on ne faisait acte de vigueur, on résolut d’arrêter lePape avec les précautions convenables, et de le transporteren Toscane, où l’on déciderait ce qu’on ferait de ce person-nage sacré, fort embarrassant à Rome, mais destiné à êtreembarrassant partout, parce que partout il serait le témoi-gnage vivant d’une odieuse et inutile violence.
Assaut donnd le Les dispositions faites, la gendarmerie échelonnée sur la
9 juillet au Qui-
rinai, et enlève- route de Rome à Florence, le colonel Radet assaillit le Quiri-
ment du Pape. '
nal le 6 juillet à 3 heures du matin, moment même où notrearmée se déployait pour livrer la bataille de Wagram. Lesportes étant fermées, on franchit les murs du jardin avec deséchelles, on pénétra dans l’intérieur du palais par les fenê-tres, et on arriva à l’appartement du Pape, qui, averti de cetassaut, s’était revêtu en toute hâte de son costume pontifical.Le cardinal Pacca se trouvait auprès de lui, avec quelquespersonnages ecclésiastiques et civils de sa maison. Le pon-tife était indigné. Ses yeux, ordinairement vifs mais douxlançaient des flammes. A l’aspect du colonel Radet, qui étaità la tête de nos soldats, si odieusement travestis en vainqueursd’un vieillard sans défense, le Pape demanda ce qu’il venait