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LIVRE XXXVII.

Octob. 1809. donné sa meilleure voiture de voyage pour y placer l’augustevoyageur, envoyé son propre médecin, et ajouté tous les sou-lagements propres à rendre la route moins fatigante. Lenoble vieillard, se voyant avec regret éloigné de l’Italie, irritépar la fatigue, affligé de rencontrer des visages nouveaux,s’emporta un moment contre ce qu’on exigeait de lui, et par-tit cependant pour Gènes. Peu à peu il se calma en voyantles égards qu’on lui témoignait, et surtout en apercevant àgenoux autour de sa voiture les populations qu’on laissait ap-procher, car si dans tout l’Empire la haine commençait àremplacer l’amour, la crainte restait entière, et tout en plai-gnant le Pape personne n’eût osé braver l’autorité impérialepour le délivrer. Néanmoins aux portes de Gênes on sut quela population était debout pour saluer le pontife. On l’em-barqua donc à quelque distance de la ville, dans un canot dela douane, et on le conduisit par mer à Saint-Pierre-d’Arena,d’où il fut transféré à Alexandrie.

Le prince Borghèse, gouverneur général du Piémont, effrayéà son tour d’avoir un tel prisonnier à garder, et n’ayant pasd’ordre, voulut s’en dégarger, et envoya le Pape à Grenoble,où il arriva le 21 juillet avec le cardinal Pacca, qu’on avaitmomentanément séparé de lui, et qu’on lui rendit à Alex-andrie.

A Grenoble le Pape fut logé à l’évêché, entouré de soins,de respects, mais tenu prisonnier.

Napoléon blâme Lorsque l’Empereur apprit à Schœnbrunn l’usage inconsidéré

l'arrestation du . . . A ., . .

Pape, et ie fait qu’on avait fait de ses lettres, il blama l arrestation du Pape, et

transférer à

Savone. regretta fort qu’on se fût permis une telle violence . Mais ne

a Au ministre de la police.

Schœnbrunn, le 18 juillet 1809.

» Je reçois en même temps les deux lettres ci-jointes du général Miol-lis, et une troisième de la grande-duchesse. Je suis fâché qu’on ait arrêté