Band 
[Vol. 6.]
Seite
258
JPEG-Download
 

258

LIVRE XXXVII.

Nov. 1609.

Formes du di«vorce civii.

Difficulté atta-chée à la dissolution du lienreligieux.

qu’il eût son utilité, serait de peu d’importance contre l’Eu-rope conjurée. Il parla du reste pour ordonner, non pourconsulter, et montra la résolution où il était d’entourer cetacte des formes les plus affectueuses, les plus honorablespour Joséphine. Il ne voulait rien de ce qui pouvait ressem-bler à une répudiation, et n’admettait qu’une simple disso-lution du lien conjugal, fondée sur le consentement mutuel,consentement fondé lui-même sur l’intérét de l’Empire. Ilfut convenu qu’après un conseil de famille, dans lequel l’ar-chichancelier recevrait l’expression de la volonté des deuxépoux, un sénatus-consulte rendu par le Sénat, en forme so-lennelle, prononcerait la dissolution du lieu civil, et que dansce même acte le sort de Joséphine serait assuré magnifique-ment. Napoléon avait décidé qu’elle aurait un palais à Paris,une résidence princière à la campagne, trois millions de re-venu, et le premier rang entre les princesses après la futureimpératrice régnante. Il entendait la conserver auprès delui, comme la meilleure et la plus tendre amie.

Dans tous ces arrangements Napoléon avait oublié le lienspirituel, qu’il fallait dissoudre aussi pour que le divorce fûtcomplet. Il ne paraissait pas y attacher grande importance,comptant que le secret avait été gardé par le cardinal Feschet Joséphine sur la consécration religieuse, qui avait été don-née à leur mariage la veille du couronnement. Mais le car-dinal Fesch en avait parlé à l’archichancelier Cambacérès, etcelui-ci fit sentir à Napoléon que les cours étrangères aux-quelles il songeait à s’unir, pourraient bien attacher à laquestion religieuse une importance qu’il n’y attachait pas lui-même, qu’il fallait donc s’occuper de dissoudre le^lien spiri-tuel comme le lien civil. Napoléon s’irrita beaucoup contrele cardinal Fesch, dit que la cérémonie faite sans témoinsdans la chapelle des Tuileries, n’avait aucune valeur, qu’elleavait uniquement eu pour but de tranquilliser la consciencedu Pape, et que vouloir en ce moment lui créer un pareil