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260 LIVKE XXXVII.
Nov. 1809. ne pouvait choisir qu’entre l’Autriche et la Russie. Rien n’é-Raisons de Na tait plus noble, plus près de ce qu’on appelle légitimité,
poleon pour prff-
férer une prin- qu’une alliance avec V Autriche, et cette alliance était possible,
cesse russe.
car les représentants de la cour de Vienne avaient insinuéen cent façons que cette cour ne demanderait pas mieux quede s’unir à Napoléon. Mais les haines étaient bien récentes!On venait de s’égorger : s’embrasser, s’épouser sitôt aprèsles batailles d’Essling et de Wagram, n’était-ce pas une in-conséquence choquante pour le bon sens des peuples? D’ail-leurs (et cette raison était la principale), c’était renoncer àl’alliance russe, qui depuis Tilsit faisait le fondement de lapolitique de l’Empire. Napoléon avait eu depuis six mois plusd’un sujet de froideur avec Alexandre, notamment dans ladernière guerre où il en avait été si mal secondé ; mais il re-gardait encore l’alliance russe comme la principale, commecelle qui lui suffisait pour tenir le continent enchaîné et l’An-gleterre isolée, ne dût-elle, dans sa froideur, produire que laneutralité. 11 voulait donc la conserver, tout en disant à l’em-pereur Alexandre, comme il n’avait pas manqué de le fairedans ses dernières communications, en quoi b avait lieu d’étrecontent ou mécontent de lui. Un mariage avec la cour deRussie était naturellement indiqué par tout ce qui s’était passéauparavant. A Erfurt Napoléon avait amené l’empereur Alex-andre à lui parler de son union possible avec une princesserusse, la grande-duchesse Anne qui restait à marier. Le czars’était montré, quant à lui, tout disposé à y consentir, et n’a-vait paru prévoir de difficultés que de la part de sa mère,princesse respectable, mais orgueilleuse, et remplie des pré-jugés de l’aristocratie européenne. Celle-ci s’était hâtée d’unirla grande-duchesse Catherine, princesse remarquable par labeauté, l’esprit, le caractère, et d’âge tout à fait propre aumariage, à un simple duc d’Oldenbourg, afin d’éviter une de-mande qu’elle entrevoyait, et qu’elle redoutait. Il était donc àcraindre qu’elle ne ne fût guère disposée à donner sa seconde