LE DIVORCE.
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fille à Napoléon, n’ayant pas hésité à précipiter le mariage de Nov. îsoa.la première, pour éviter une alliance contraire à ses senti-ments personnels. Alexandre néanmoins avait promis sesbons offices et presque le succès, sans toutefois s’engager,résolu qu’il était à ne pas violenter sa mère. Là-dessus,comme nous l’avons dit en son lieu, on s’était quitté enchantél’un de l’autre. Après de tels pourparlers, il était impossiblede songer à une autre union, sans rompre l’alliance, ce queNapoléon ne voulait pas. Il espérait d’ailleurs qu’un sem-blable mariage rendrait à l’alliance russe toute la chaleurqu’elle avait perdue, et toute l’influence qu’il en attendait surl’Europe.
En conséquence, il ordonna à M. de Champagny d’écrire àSaint-Pétersbourg une dépêche qu’il chiffrerait de sa propremain, que M. de Caulaincourt, de son côté, déchiffrerait lui-même, qui resterait un secret pour tout le monde, mêmepour M. de Romanzoff, et qui ne serait connue que de l’em-pereur Alexandre en personne. Dans cette dépêche datéedu 22 nombre ', M. de Champagny disait :
« Des propos de divorce étaient revenus à Erfurt aux oreil- Dépêche à s*int-
1 1 Petershourg
les de l’empereur Alexandre, qui en parla à l’Empereur, et “*J
lui dit que la princesse Anne sa sœur était à sa disposition, grande-duchesseS. M. veut "que vous arbodiez la question franchement etsimplement avec l’empereur Alexandre, et que vous lui par-liez en ces termes:
« Sire, j’ai lieu de penser que l’Empereur, pressé par toute» la France, se dispose au divorce. Puis-je mander qu’on peut» compter sur votre sœur? Que V. M. y pense deux jours,
» et me donne franchement sa répense, non comme à l’ambas-
1 Je parle, comme on doit s'en douter, d’après les originaux eux-mèmesrestés inconnus jusqu’ici. Rien n’est plus curieux, plus défiguré dans lesrécits publiés, que ce qui concerne le divorce et le mariage de Napoléon.J’écris d’après la correspondance secrète, et d’après les mémoires inédits duprince Cambacérès et de la reine Hortense.