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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVII.

Nov. 1809.

Aven imprévu deNapoléon à Jo-séphine, et com-munication àcette princeasedu projet défini-tif de divorce.

» sadeur de France, mais comme à une personne passionnée» pour les deux familles. Ce n’est point une demande for-» melle que je vous fais, c’est un épanchement de vos inten-» tions que je sollicite. Je hasarde, Sire, cette démarche,» parce que je suis trop accoutumé à dire à V. M. ce que je» pense, pour craindre qu’elle me compromette jamais. »

» Vous n’en parlerez pas à M. de Romanzofî, sous quelqueprétexte que ce soit, et lorsque vous aurez eu cette conver-sation avec l’empereur Alexandre, et celle qui doit la suivredeux jours après, vous oublierez entièrement la communica-tion que je vous fais. Il vous restera à me faire connaître lesqualités de la jeune princesse, et surtout l’époque où ellepeut être en état de devenir mère, car dans les calculs actuelssix mois de différence font un objet. Je n’ai point besoin derecommander à V. E. le plus inviolable secret, elle sait cequ’elle doit à cet égard à l’Empereur. »

Ces dépêches étant parties, et tout étant préparé pour ame-ner la dissolution du mariage l’impératrice Joséphine, et laformation d’une nouvelle alliance avec une princesse russe,Napoléon attendait impatiemment l’arrivée du prince Eugènepour tout dire à Joséphine, lorsque le redoutable secret s’é-chappa comme malgré lui. Chaque jour l’infortunée étantplus triste, plus agitée, plus importune dans ses plaintes,Napoléon, fatigué, coupa court à ses reproches, en lui disantqu’il fallait du reste songer à d’autres nœuds que ceux qui lesunissaient, que le salut de l’Empire voulait enfin une granderésolution de leur part, qu’il comptait sur son courage et surson dévouement pour consentir à un divorce, auquel il avaitlui-même l.a plus grande difficulté à se résoudre. À peine cesterribles mots étaient-ils prononcés que Joséphine fondit enlarmes, et tomba presque évanouie. L’Empereur appela sur-le-champ le chambellan de service, M. de Beausset, lui dit del’aider à relever l’Impératrice qui était en proie à des convul-sions violentes, et tous deux la soutenant dans leurs bras