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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVII.

Dec. 1809. que ce fût une manière de se préparer au besoin des moyensde refus, il dit qu’il ne parlerait point au nom de l’empereurNapoléon, mais en son nom propre, qu’il se présenterait noncomme intermédiaire d’une demande déjà faite, mais d’unedemande possible, probable même, et chercherait à obtenirle consentement de sa mère en alléguant l’intérét de sa poli-tique plutôt que l’intention de satisfaire à un vœu exprimépar l’empereur des Français. Après avoir comblé M. de Cau-laincourt de témoignages qui devaient être transmis à Napo-léon, il ajourna sa réponse, en la promettant aussi prompteque possible.

Que l’empereur Alexandre, qui aimait sa mère et en étaitaimé, bien qu’une certaine jalousie d’autorité existât entreeux, lui fit un mystère d’un événement aussi important pourla famille impériale, c’était peu vraisemblable. Il est probablequ’il voulait, dans le cas où l’alliance de famille avec Napoléonne conviendrait pas, que l’amour-propre des deux cours fûtmoins engagé, sa mère étant supposée avoir fait un refus àl’empereur Alexandre, et non à l’empereur Napoléon, quin’aurait pas figuré dans la négociation. Il est probable sur-tout qu’il voulait se réserver une liberté plus grande, afin defaire payer son consentement d’un plus haut prix, et ce prixest celui qui a été indiqué précédemment, la convention rela-tive à la Pologne.

M. de Gaulaincourt écrivit donc à Paris le 28 décembre queses ouvertures avaient été parfaitement accueillies, que touten faisait espérer le succès, mais qu’il fallait des ménage-ments infinis, et un peu de patience. Pressé par les cour-• riers de M. de Cliampagny qui se succédaient sans interrup-tion, il usa des latitudes qui lui étaient données, fit sa-voir à la cour de Russie qu’on accepterait toutes les condi-tions, même celles qui découleraient de la différence dereligion. Il vit de nouveau l’empereur qui lui parut satis-fait du résultat de ses premières ouvertures, qui présenta