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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVII.

Janv. îeio. l'inspirant contre les Beauharnais, et M. Fouché contre M. deTalleyrand. A la chaleur du roi de Naples succéda la froideprudence de l’archichancelier Cambacérès, s’énonçant en unlangage simple, clair, modéré, mais positif. Il dit que le pre-mier intérêt à consulter était celui de procurer des héritiersà l’Empire, et qu’il fallait savoir si la princesse russe était ca-pable d’en donner; que , si elle était dans ce cas , il n’v avaitpas à hésiter; que , pour ce qui regardait la religion, on ob-tiendrait certainement, en s’y appliquant, que la cour de Rus-sie renonçât à des exigences qui pourraient choquer les espritsen France; que, relativement à la politique, il n’y avait pasun doute à concevoir; que l’Autriche, privée à la fois dans cesiècle des Pays-Bas, de la Souabe, de l'Italie , de l’Illyrie, etenfin de la couronne impériale , serait une ennemie à jamaisirréconciliable; que de plus ses penchants naturels la ren-daient incompatible avec une monarchie d’origine nouvelle ;que la Russie, au contraire, avait sous ce dernier rapportmoins de préjugés qu’aucune autre cour (ce qui était vraialors ; qu’elle avait dans son territoire, dans son éloignement,des raisons de tout genre d’être l’alliée de la France, aucuned’être son ennemie; que repoussée elle ne pourrait pas man-manquer de devenir hostile, que la guerre avec elle serait in-timent plus chanceuse qu’avec l’Autriche, et qu’en la négli-geant on abandonnerait une alliance possible et facile pourune alliance menteuse et impossible. Il conclut donc de lamanière la plus formelle en faveur du mariage avec la prin-cesse russe.

Ces deux avis, le dernier surtout provenant de l’homme leplus grave du temps , avaient fortement contre-balancé lesopinions émises en faveur de l’alliance autrichienne, maiscomme c’était au surplus une consultation plutôt qu’une déli-bération que Napoléon avait provquée, il n’y avait pas de ré-solution définitive à prendre. Les opinions de chacun expri-mées, tout était fini. Napoléon, resté calme et impénétable