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[Vol. 6.]
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LE DIVORCE.

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sans qu’on pût à son visage deviner de quel côté il penchait,remercia les membres de son conseil de leurs excellents avis.— Je pèserai, leur dit-il, vos raisons dans mon esprit. Jedemeure convaincu que, quelque différence il y ait entre vosmanières de voir, l’opinion de chacun de vous a été déter-minée par un zèle éclairé pour les intérêts de l’État, et par unfidèle attachement pour ma personne. —

Le conseil fut immédiatement congédié , et il eut dans lepalais,' malgré la discrétion que Napoléon imposait autour delui sans se l’imposer toujours à lui-méme, un grand retentis-sement de toutes les opinions émises. La famille Murat crutmême un instant que la cause de l’alliance russe était gagnée,et le dit au prince Cambacérès avec de grands signes de joie.Maïs les événements devaient décider la question bien plusque l’opinion personnelle de Napoléon '.

On attendait avec impatience un courrier de Russie, lors-que le 6 février il arriva des dépêches de M. de Caulincourtfaites pour prolonger l’incertitude où l’on était depuis plusd’un mois et demi. Le 16 janvier avait expiré le dernier délaide dix jours demandé par l’empereur Alexandre à M. de Cau-laincourt. Le 21 il n’avait pas encore répondu. Évidemmentil voulait gagner du temps, et obtenir la ratification du traitérelatif à la Pologne avant de s’engager irrévocablement à ac-corder la main de sa sœur. 11 avait répété à M. de Caulain-

3 L’archichancelier Cambacérès, dans son récit , en confondant en unseul, deux conseils qui furent tenus sur le meme sujet, raconte que toutluj parut arrangé dans ce conseil, et que l’opinion de Napoléon était faitequand il les appela à donner leur avis. C’est un erreur de mémoire quise produit souvent chez les esprits les plus fermes et les plus exacts. Lorsdo premier conseil Napoléon était loin d ètre fixé. Mais il en fut tenuun second le 7 février , qui n’eut lieu en effet que pour la forme , etc’est le souvenir de ce dernier qui se confondant avec le premier, auralaissé dans le véridique archichancelier l’impression d’une scène arrangéed’avance.

Janv. 1810.

Dernier courriervenu de Russie,qui mécontente.Napoléon et dé-termine brusque-ment son choix,en faveur de laprincesse autri-chienne.