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LIVRE XXXVII.
Janv. 1810 . court que l’impératrice mère ne refusait plus son consentement,que la grande-duchesse Catherine donnait également le sien,que les choses enfin iraient comme le désirait Napoléon; maisqu’il lui fallait enoore un peu de temps avant de rendre sa ré-ponse définitive. Une circonstance la plus grave c’était la• santé de la jeune princesse, qui ne répondait pas entièrementà l’impatience qu’on avait de procurer un héritier à l’Empire,et l’exigence de l’impératrice mère qui voulait absolument unechapelle avec des prêtres grecs aux Tuileries. Du reste, M.de Caulaincourt ajoutait qu’il attendait prochainement uneexplication formelle, et qu’il ne doutait pas qu’elle ue fût favo-rable. Le caractère impétueux de Napoléon ne pouvait s’ac-commoder d’un tel état d’incertitude. Soit qu’on hésitât parcequ’on répugnait à s’unir à lui, soit qu’on cherchât à gagner dutemps afin de lui arracher un traité déplaisant pour le pré-sent, imprudent pour l’avenir, il fut également révolté de ceshésitations et de ces calculs. 11 lui était en outre souveraine-ment désagréable de rester plus long-temps l’objet de tous lespropos , comme ces riches héritiers auxquels chacun à songré donne une épouse. Il se laissa donc aller à un de cesmouvements dont il n’était pas maître, et qui ont fini par dé-cider de sa destinée ; il résolut de rompre avec la Russie, etde prendre les lenteurs de cette cour pour un refus qui le dé-gageait envers elle. Il n’avait pas laissé d’ailleurs d’être sen-sible aux raisons alléguées en faveur de l’Autriche et contrela Russie , à l’inconvénient d’avoir une épouse qui peut-êtrelui ferait attendre des enfants deux ou trois ans, qui n’assiste-rait pas aux cérémonies du culte national, qui aurait ses prê-tres à elle , circonstance accessoire , mais fâcheuse chez unenation comme la nation française, qui, sans être dévote, atoutes les susceptibilités de la dévotion la plus vive. Iléprouvait de plus pour l’armée autrichienne un retour d’es-time depuis la dernière campagne, et considérait comme aussigrave d’avoir affaire à elle qu’à l’armée russe. Ces raisons