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de Dalmatie, pouvait se porter sur le 1 er corpspar Alcantara, et l'attaquer en même tempsque l’armée de Cuesta, passant la Guadiana,marcherait également à lui dans le même des-sein. Ces deux armées pouvaient aussi combinerleurs mouvements contre le 1 er corps, de ma-nière à lui fermer la seule communication qu’ileût, celle d’Almaraz, et l'attaquer ensuite avecdes forces trois fois supérieures à la sienne,ce qui l’aurait mis dans la situation la plusfâcheuse. Voyons si la résolution que j’ai prisepour l'en garantir a été judicieuse.
Le cas où il se trouvait était déjà critique,et la pénurie des subsistances y ajoutait beau-coup. Le pays était épuisé, on avait des peinesinfinies à y faire vivre très-médiocrement lesoldat ; il fallait néanmoins s’y maintenir, etattendre avant de prendre un parti que lesennemis fissent mieux connaître leurs projets.Je me bornai donc à établir le 1 er corps àTorremocha, qui est le point d’où je pouvaisobserver les armées combinées pour agir selonles circonstances. J’envoyai en même temps,d’après les ordres du roi, à Almaraz la divi-sion allemande aux ordres du général Levai,qui jusque-là avait suivi le J er corps. Cettedisposition était nécessaire ; car le pont debateaux que nous avions sur le Tage couraitles risques d'être détruit, quoiqu’il fût couvertpar des ouvrages que j’y avais fait construire,et gardé par deux cents hommes d’infanterieque j'y avais établis. Les insurgés nombreuxdu Tietar étaient en armes. De gros détache-ments de l’armée ennemie de Portugal se mon-traient à Plasencia, et communiquaient avecles insurgés. Deux marches pouvaient les con-duire réunis au pont de bateaux, et sa des-truction, qui résultait infailliblement de cemouvement, menait à des conséquences in-finies et extrêmement dangereuses. La pré-sence de la division allemande sur ce pointnous en a préservés, et la sollicitude duroi à ce sujet prouve déjà que S. M. C. n'é-tait pas sans inquiétude sur la situation du1 er corps.