SUR TALAVERA.
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Les dispositions dont je viens de parler ontété faites le 20 mai, époque à laquelle je metrouvai à Torremocha de retour d'Alcantara.Ainsi placé, j’observais l'armée anglo-portu-gaise sur la rive droite du Tage par le géné-ral Levai, sur la rive gauche par les partisque j’avais sur Alcantara, et je voyais l'arméede Cuesta par les partis que je tenais sur laGuadiana. Je m'occupais en même temps dessubsistances nécessaires à la troupe, et ce tra-vail n’était pas le moins pénible.
Quinze jours s’écoulèrent ainsi sans que l’en-nemi se montrât ; mais ses projets commencè-rent à se développer dans les premiers joursde juin. Le général Levai m’apprit que lesAnglo-Portugais se réunissaient à Plasencia, etque les insurgés du Tietar prenaient chaquejour plus de consistance. Les partis que j’avaissur Alcantara confirmaient ces nouvelles, dontje profitais pour redoubler d’attention et devigilance. Le général Levai instruisait S. M. C.de tout ce qu’il apprenait. Le moment appro-chait où il fallait de toute nécessité sc déciderà prendre l'offensive sur les ennemis, ou à sereployer derrière le Tage pour éviter d'êtrecompromis.
Mais l’un et l’autre de ces partis présen-taient des inconvénients. Comment en effet seporter en' avant sur la Guadiana pour atta-quer l'armée de Cuesta, sans craindre l’ar-mée anglo-portugaise prête à marcher sur le1 er corps, et à lui fermer le seul passage qu’ileût pour se retirer en cas de besoin ? Com-ment aussi se reployer derrière le Tage sansencourager les insurgés, et doubler par con-séquent leurs forces contre nous ? Je restaiindécis entre ces deux questions jusqu’au 10 juin,que, pressé par la circonstance sérieuse où jeme trouvais, j’eus l'honneur d'instruire le roide l’embarras où j’étais, et de lui demanderses ordres.
Déjà S. M. C. était instruite du mouvementque faisaient les ennemis derrière le Tietar ;elle savait également que le 1 er corps d’arméen’existait sur la rive gauche du Tage qu’avec