SUR TALAVERA.
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vingt-quatre heures. Cet énorme travail n'a passurpris un moment les hommes courageux quien étaient chargés. Ils l’ont fait sans désem-parer, et il était achevé et prêta recevoir lesles troupes à l’instant même qu’arriva M. lecolonel Marie, aide de camp de S. M. C., etque cet officier me remit l’ordre d’envoyer àTolède la division Villatte, la division alle-mande et une brigade de dragons, et de mereployer avec le reste de mes troupes versTaiavera, en manœuvrant entre le Tietar etle Tage, de manière à observer et à contenirl’ennemi. Me voilà donc jeté dans un nouvelembarras relativement à ce pont qui venait denous coûter des peines extrêmes. Comment letransporter? où en sont les moyens? Tous leschariots et les attelages d’artillerie étaient em-ployés à transporter les provisions considé-rables de munitions de guerre qui avaient étéréunies à Truxillo et à Merida. Les vojagesfréquents qu’il avait fallu faire avaient singu-lièrement fatigué les chevaux et les hommeschargés de les conduire. L’équipage de pontn’avait, comme je viens de le dire, que letiers des voitures nécessaires pour le trans-porter. On ne pouvait pas espérer de trouverdans tout le pays et très-loin aucun chariotqui fut propre à ce transport. On n’aurait pasd’ailleurs pu les attendre ; il n’y avait pas demoyens pour faire vivre les troupes. Les blésde l’année étaient encore en herbe, et il n’yen avait pas un grain dans les villages, quiétaient tous abandonnées. Que faire dans cettecirconstance? Fallait-il se défaire d’une partiedes canons pour transporter des bateaux? Maisles v oitures à canon ne sont pas propres à cetusage. Fallait-il laisser intacts les bateauxqu’on ne pouvait emporter? Mais c’eût étéfournir aux ennemis un moyen de nous nuire.Le parti le plus judicieux était donc de dé-truire cette portion de pont qu'il nous étaitimpossible d’emmener, et de sauver l’autre.C’est aussi celui que j’ai pris, et nous noussommes mis en marche vers Taiavera, ayantà la suite de notre artillerie cinq haquets char-