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[Vol. 6.]
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DOCUMENTS'

Extrait (les mémoires manuscrits du maréchal Jourdan.

(1809.)

«En même temps que les Français se portaient, le 27, de Santa-Olaliasur l’Alberche, le général Cuesta et le général Sherbrooke se repliaientsur Talavcra, et le général Wilson, qui avait poussé ses avant-postesjusqu’à Naval-Carnero, dans l'espérance de faire éclater une insurrectionà Madrid, où il entretenait des intelligences, revenait sur ses pas entoute hâte.

» L’armée française commença à arriver sur le plateau qui domine l’Al-berche vers deux heures après raidi. De là on voyait les ennemis en mou-vement ; mais le terrain, couvert de bois d'oliviers et d’une forêt dechênes, ne permettait pas de distinguer s’ils se retiraient où s’ils pre-naient position. On reconnut aussi une arrière-garde restée dans la forêt,aux environs de Casa de las Salinas, composée d’une division d’infan-terie, d'une brigade de cavalerie et de quatre bouches à feu, et com-mandé par le général Lackenzie. Dans l’espérance de battre cette arrière-garde et d’arriver sur le gros de l’armée avant que les généraux ennemiseussent achevé leurs dispositions, soit qu’ils voulussent recevoir la batailleou l’éviter, le roi ordonna an maréchal Victor de passer l’Alberche avecses trois divisions d’infanterie et la brigade de cavalerie légère du géné-ral Beaumont, et de se diriger sur Casa de las Salinas. Le 16 e régimentd’infanterie légère, qui marchait en tête de la division Lapisse, ne tardapas à engager la fusillade, et, après un combat d’une heure, le généralMackenzie fut obligé de se retirer précipitamment. Le 31 e et 87 e régi-ments anglais essuyèrent une perte considérable.

» Pendant que cet engagement avait lieu, les dragons de Latour-Mau-bourg et la cavalerie légère du général Merlin passaient l'Alberche, et seformaient dans la plaine, entre la grande route de Talavera et celle deCasa de las Salinas. Le 4 e corps et la réserve suivaient ce mouvement,ayant à leur gauche la division de dragons du général Milhaud. Cettepartie de l’armée s’avança dans cet ordre, et, à la nuit, s'arrêta à por-tée de canon des Espagnols, qu'on ne pouvait apercevoir à cause deshaies et des oliviers qui les couvraient. La cavalerie légère, chargéed’aller les reconnaître, fut accueillie par une vigoureuse décharge qui lafit replier un peu en désordre, ce qui donna lieu à sir Wellesiey et augénéral Cuesta de présenter dans leurs rapports cette simple reconnaissancecomme une attaque combinée qui avait été repoussée. Sur la droite, leduc de Bellune, continuant à poursuivre et à canonner l’arrière-gardedes Anglais, déboucha de la forêt, et se trouva en face d’une colline oùils appuyaient leur gauche. Cette hauteur paraissant être la clef de leurposition, le maréchal crut devoir chercher à s’en emparerj de suite sansprendre les ordres du roi. Le général Ruffin, à qui cette attaque fut con-fiée, mit sa division en mouvement à neuf heures du soir. Le 9 e régiment