SUR TALAVERA.
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d’infanterie légère franchit un large et profond ravin, gravit la pente escar-pée de la colline et parvint jusqu’au sommet ; mais n’ayant pas été sou-tenu par le 24 e qui, dans l’obscurité, prit une fausse direction, ni parle 96 e retardé au passage du ravin, il fut repoussé avec perte de troiscents hommes tués ou blessés. Son colonel Meunier reçut trois coups defeu. Les généraux anglais et espagnols ont dit dans leurs rapports quecette attaque fut renouvelée pendant la nuit : c’est une erreur. Leurligne fit en effet, vers les deux heures du matin, un feu de file biennourri pendant quelques minutes, ce qui fut sans doute occasionné parune fausse alerte, car les Français ne bougèrent pas de leurs bivouacs.
» Le duc de Bellune, en rendant compte au roi du résultat de sonattaque, le prévint qu'il la renouvellerait au point du jour. Peut-êtreaurait-on dû lui donner l’ordre d’attendre qu’on eût bien reconnu la po-sition des ennemis et tout disposé pour une affaire générale ; mais ce ma-réchal qui, resté longtemps aux environs de Talavera, connaissait par-faitement le terrain sur lequel on se trouvait, paraissait si persuadé dusuccès que le roi crut devoir le laisser agir comme il le désirait.
» Le 28 au matin, le général Ruffin disposa ses trois régiments de lamanière suivante : le 9 e d’infanterie légère à droite ; le 24 e de ligne aucentre, et le 96° à gauche. Chaque bataillon formé en colonne serréepar division. Ces braves régiments gravirent la colline avec une rare in-trépidité ; le 24 e , parvenu au sommet le premier, fut sur le point des’emparer des quatre bouches à feu qui y étaient en batterie; mais l’en-nemi n’étant pas menacé sur les autres points de sa ligne eut la facilitéde faire marcher de nouvelles troupes qui repoussèrent les assaillants.Cependant les généraux Ruffin et tiarrois, qui se firent remarquer autantpar leur calme et leur sang-froid que par leur valeur, ramenèrent leurstroupes en bon ordre. Cette action de courte durée fut très-meurtrière.Voici comment s’exprimait sir Wellesley dans son rapport : En défen-dant cette position importante, nous avons perdu beaucoup de bravesofficiers et le braves soldats, entre autres les majors de brigade Forpeet Uardner ; le général Hill a été blessé lui-même, mais légèrement.La perte des Français ne fut pas moins considérable.
» Après cette attaque infructueuse, le roi se rendit sur le terrain qu’oc-cupait le 1 er corps, d’où l’on découvrait avec moins de difficulté la po-sition des ennemis. Cette position avait à peu près une lieue détendue,de la colline que couronnait la gauche des Anglais au Tage, où s'ap-puyait la droite des Espagnols. Cette colline, dont la pente est très-rapide, se lie à une continuité des petits mamelons qui se prolongentdans la direction de Talavera ; elle est séparée d’une montagne qui formele eontre-fort du Tietar, par un vallon d’environ trois cents toises dedéveloppement, où prend naissance un ravin qui couvrait le front desAnglais. Au centre, entre les deux armées ennemies, était une élévationde terrain, sur laquelle on avait construit une redoute. Sur le front desEspagnols se trouvaient des bosquets d’oliviers, quantité de haies, de