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[Vol. 6.]
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vignes et de fossés. La grande route qui conduit de l'AIberche à Tala-vera était défendue par une batterie de gros calibre placée en avantd’une église, occupée, ainsi que la ville, par de l’infanterie espagnole.On voit que les Français avaient de grands obstacles à franchir pouraborder les ennemis, tandis que ceux-ci, rangés sur plusieurs lignes, surun terrain découvert, pouvaient manœuvrer facilement et porter avecrapidité des secours sur les points les plus menacés.

» Après cette reconnaissance, le roi ayant demandé au maréchal Jour-dan s’il était d’avis de livrer bataille, ce maréchal répondit qu’une aussiforte position, défendue par une armée bien supérieure en nombre, luiparaissait inattaquable de front ; que sir Weliesley ayant d’abord négligéd’occuper de vallon et la montague qui se trouvaient sur sa gauche, onaurait pu’ chercher à le tourner, si, au lieu d’attirer de ce côté sonattention par deux attaques, on eût fait au contraire de sérieuses dé-monstrations sur sa droite; que pendant la nuit, et dans le plus profondsilence, on aurait pu réunir toute l’armée sur la droite, la placer encolonne à l’entrée du vallon, le franchir à la pointe du jour, et se for-mer ensuite sur la gauche en bataille ; que vraisemblablement on se se-rait rendu maître de la colline sur laquelle l’armée eût pivoté, ce quiaurait forcé les ennemis à faire un changement de front, mouvementdont on aurait pu profiter en poussant l’attaque vigoureusement ; quetoutefois on n'aurait pu se flatter du succès d’une manœuvre aussi au-dacieuse qu’autant qu’on aurait dérobé à l’ennemi le passage du vallon,ce qui maintenant était impossible, puisque le général anglais, avertipar les attaques précédentes des dangers que courait sa gauche, la met-tait en sûreté par un gros corps de cavalerie qui, au même moment,prenait poste à la sortie du vallon, et par une division d’infanterie es-pagnole qui gravissait la montagne ; que d’ailleurs, quand il serait encoretemps de diriger l’attaque ainsi qu’il venait de l’exposer,' il hésiteraitde le conseiller au roi, attendu qu’en cas de malheur on ne pourrait seretirer que sur Avila par des chemins impraticables aux voitures, en sa-crifiant l’artillerie et les équipages de l’armée et livrant aux ennemisMadrid et tout le matériel qui s’y trouvait réuni.

» Le maréchal termina par dire qu’il était d’avis de rester en obser-vation devant les ennemis, soit dans la position qu’on occupait, soit enretournant sur l’AIberche jusqu’au moment où les Anglais seraient forcéspar la marche du duc de Dalmatie de se séparer des Espagnols.

» Le maréchal Victor, consulté à son tour, répondit que si le roi vou-lait faire attaquer la droite et le centre des ennemis par le 4 e corps, ils’engageait, avec ses trois divisions, d’enlever la hauteur contre laquelleil avait échoué deux fois, ajoutant que, s’il ne réussissait pas, il fau-drait renoncer à faire la guerre. Le roi, placé entre deux avis si op-posés, était un peu embarrassé. D’un côté, le succès lui paraissait fortdouteux ; de l’autre, il sentait que s’il adoptait l’avis du maréchal Jour-dan , le duc de Bellune ne manquerait pas d’écrire à l’Empereur qu’oil