SUR TALAVERA.
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lui avait fait perdre l’occasiou d’une brillante victoire sur les Anglais.Toutefois, il est probable qu’il aurait suivi le conseil de la prudence,si au même moment il n’eùt pas reçu une lettre du duc de Dalmatie,annonçant que son armée ne serait réunie à Plasencia que du 3 au S août.Cette circonstance dérangeait tous les calculs. On savait que l’ennemiavait mené du canon Tolède, et que l’avant-garde de Vénégas s’appro-chait d’Aranjuez. Il fallait donc, dans deux jours au plus tard, faire undétachement pour secourir la ville attaquée et sauver la capitale. Le roi,avant de diviser ses forces, crut devoir hasarder une affaire générale.
«Cette détermination prise, le maréchal Victor, au lieu de se dispo-ser à faire attaquer la colline par ses trois divisions, comme il s'y étaitengagé, ordonna au général Ruffin de disposer scs troupes en colonne,de se porter à l’extrémité de la droite et de pénétrer dans le vallon, enlongeant le pied de la montagne sur laquelle il jeta le 9 e régiment d’in-fanterie légère pour l’opposer à la division espagnole, qui venait d’yarriver. Il donna ordre au général Viilatte de former également ses troupesen colonne, et de se placer à l'entrée du vallon, au pied de la collinejenfin le général Lapisse fut chargé, seul, d’attaquer cette colline. Ladivision de cavalerie légère du général Merlin, et les dragons de Latour-Maubourg furent placés en arrière de l'infanterie du 1 er corps, pour lasoutenir au besoin, et pour être à portée de traverser le vallon, enpassant entre les divisions Ruffin et Viilatte si celle de Lapisse enlevaitla colline.
» Le général Sébastiani reçut ordre d’établir la division française deson corps d’armée sur deux lignes à la gauche de celle de Lapisse, etla division allemande à la gauche de la division française; mais un peuen arrière, ayant en seconde ligne la brigade polonaise. Le général Mil-haud, posté à l’extrême gauche, sur un terrain plus ouvert, était chargéd’observer Talavcra et la droite des Espagnols. La réserve resta en3 e ligne du 4 e corps.
» Il était deux heures après midi, lorsque ces premières dispositionsfurent achevées. La division Lapisse devait commencer l’attaque ; maiscelle du général Levai, qui, comme nous l’avons vu, devait former surla gauche un échelon en arrière, pour être en mesure d’agir contre l'ar-mée espagnole, dans le cas où elle marcherait à faire une diversion enleur faveur, en débordant la gauche des Français; la division Levai,disons-nous, se porta beaucoup trop en avant, et se trouva en présencede la gauche des Anglais et de la droite des Espagnols. La difficulté duterrain, l’impossibilité d’apercevoir la ligne au milieu des oliviers et desvignes occasionnèrent cette erreur. A peine déployée, elle fut vivementattaquée par des forces supérieures. Cependant, après un violent combatde trois quarts d’heure, l’ennemi fut repoussé, et un régiment anglaisétait au moment de poser les armes, lorsque le colonel de celui de Ba-den, qui l’avait coupé, tomba mort. Ce régiment fit alors un mouvementen arrière, et le régiment anglais se trouva dégagé; mais on lui prit