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[Vol. 6.]
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LETTRES DE NAPOLÉON

grands efforts. Souvent aussi il aimait à se faire illusion, etil y fut porté d’avantage à mesure que ses moyens furent plusdisproportionnés avec la tâche exorbitante qu’il avait entre-prise. Il faut donc lire ces lettres non pour l’exactitude desdétails, mais pour l’esprit dans lequel elles ont été écrites,esprit qui en fait des monuments du plus grand prix. Lenombre du reste de celles qui furent écrites sur la seule ex-pédition de Walcheren est trois ou quatre fois plus considé-rable; mais elles sont à l’égard des individus, et quelquefoismêmes des frères de Napoléon, d’une telle vivacité que nousavons cru ne pas devoir les reproduire. On peut dès aujour-d’hui dire toute la vérité historique; mais il y a souvent dansles documents eux-mêmes une crudité qui en rendrait laproduction intempestive et prématurée. L’histoire sincère-ment et honnêtement écrite n’a pas besoin du langage despassions, et c’est ce qui fait qu’elle peut parler bien avant lesdocuments eux-mêmes.

vAu ministre de la guerre.

«Schœnbrunn, 6 août 1809.

» Je reçois votre lettre du 31, par laquelle vous m'instruisez que 200voiles de toutes grandeurs sont signaléee du côté de Walcheren. L'ilede Walcheren doit avoir en troupes françaises et hollandaises 6 millehommes. Envoyez-) de jeunes officiers d’artillerie et du génie, hommesde zèle et attachés. Je suppose que jes magasins de Flessingue sontapprovisionnés, et que vous avez un chiffre avec le général Monnet. Jelui ai donné l’ordre, que vous lui réitérerez, de couper les digues, sicela était nécessaire. Je suppose également que le général Chambarlhacse sera porté sur l’ile de Cadzand avec le corps qui est à Louvain, lademi-brigade provisoire qui est à Gand, et tout ce qu’il aura pu tirerdes 16" et 24 e divisions militaires, et que le général Rampon l’aura suiviavec son corps de gardes nationales, ce qui formera là 9 ou 10 millehommes; qu’il aura fait atteler 12 pièces de canon à Gand, à Douay,à Saint-Omer, pour ne pas manquer d’artillerie de campagne; qu’ilaura fait venir de Maëstricht ce qui s’y trouvait, et que le généralSainte-Suzanne aura formé une colonne avec du canon pour se porterpartout.