360
LETTRES DE NAPOLÉON
de lâcheté de la part des commandants ; aussi je suis persuadé qu’il nele sera pas, et qne les Anglais s’en iront sans l’avoir. Je n’ai doncaucune espèce de crainte là-dessus. Les bombes ne sont rien, ab-solument rien; elles écraseront quelques maisons; mais cela n’a jamaisinflué snr la reddition d'une place.
» Cependant tandis que les Anglais perdent leur temps sur l’Escaut,lord Wellesley est battu en Espagne, cerné, en déroute, il cherche sonsalut dans une fuite précipitée au milieu des chaleurs. En quittant Ta-lavera, il a recommandé au duc de Bellune 8 mille Anglais malades etblessés qu’il a été obligé d’y laisser. Le sang anglais coule enfin! c’estle meilleur pronostic d’arriver enfin à la paix. Sans doute, si les affai-res d’Espagne eussent été mieux conduites, pas un Anglais n’eùt dùéchapper, mais enfin ils ont été battus, 6 mille ont péri, 8 mille sontnos prisonniers. Commentez ces idées dans des articles de journaux;démontrez l’extravagance des ministres d’exposer 30 mille Anglais dansle cœur de l’Espagne devant 120 mille Français, les meilleures troupesdu monde, en même temps qu'ils en envoient 28 mille autres se casserle nez dans les marais de la Hollande, où leurs efforts n’aboutissent qu'àexciter le zèle des gardes nationales. Faites sentir l’ineptie de leursplans en disséminant ainsi leurs forces, et que les petits paquets onttoujours été le cachet des sots. » Napoléon. »
« Au ministre de la guerre.
sSchopnbrunn, 2*2 août 1809.
»J’ai In dans le Moniteur votre rapport au Sénat.
«Vous avez sans doute reçu mes ordres pour faire mettre dans leMoniteur les dépêches officielles des généraux en ayant seulement le soind’en ôter quelques lignes et ce qui pourrait faire connaître le nombre demes troupes. Dans des événements de cette nature le public doit toutsavoir.
«Vous aurez reçu le décret qui nomme le général sénateur Coliaud,gouverneur d’Anvers; cela annulera le décret du roi Hollande. Vous aurezécrit an roi que j’ai nommé un maréchal, et que c’est à ce maréchal àprendre toutes les mesures pour la défense de nos côtes. Vous aurezordonné au général Coliaud de se rendre à Anvers et de faire les dis-positions pour défendre la ville et y tenir pendant trois mois de tranchéeouverte. Tenez la main à ce que mon escadre soit placée en aval eten amont du fleuve, comme je t’ai prescrit au ministre de la marine. Legénéral Saint-Laurent doit rester à Anvers pour commander l’artillerie,le ministre Dejeau doit y rester pour commander le génie, et le vice-amiral Missiessy pour commander la marine et l'escadre. Indépendammentde 6 mille hommes que fournit l’escadre, on laissera dans cette place 6mille gardes nationales et à peu près autant de troupes de ligne. Veil-lez à ce qu’on y fasse arriver des vivres en grande quantité.