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[Vol. 6.]
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LETTRES DE NAPOLÉON

»Je n’ai jamais voulu avoir plus de 30 mille gardes nationales : on ena levé davantage, on a eu tort. J’ai pris pour régler tout cela, un décretque le ministre de la guerre doit avoir reçu. Tout ce qu’on peut tirerde Paris volontairement, il faut l’enrégimenter, mais il faut y laissertout ce qui veut rester, et éteindre insensiblement ce mouvement qn’onavait produit; faire monter la garde par la gendarmerie, la garde deParis et les dépôts, et faire tomber toute cette agitation en laissantchacun tranquille. 11 ne fallait faire que ce qui était nécessaire pour medonner des soldats sur la côte; on m’en a donné, je ne puis qu’en êtresatisfait; mais on a fait dans beaucoup d’endroits un mouvement quiétait inutile.

» Napoléon. »

« Au ministre de la police.

» Schœnbrunn, 26 septembre 180J.

»Je vois dans le bulletin de police qu’on a appelé les gardes nationa-les du Jura, de la Côte-d’Or, du Doubs, de Lot-et-Garonne; je ne veux riende tout cela. J’ai désigné les divisions militaires qui doivent en four-nir. Je ne sais quel rage on a de mettre en mouvement toute la France.A quoi tout cela aboutit-il? [Il y a une excessive légèreté dans ces me-sures. Tout cela fait beaucoup de mal, et dans cette disposition d’es-prit le moindre événement amènerait une crise. Tandis que l’ennemimenaçait Anvers, le mouvemeut des gardes nationales des départementsdu Nord était simple. On ne s’amuse point à discuter lorsqu’on a l’en-nemi devant soi et qu’on a à défendre ses propriétés; mais les dépar-tements placés à l'autre bout de la France n’ont pas le même intérêt.Ces mesures sont illégales. Contremandez-les et calmez la France. Detoutes les questions politiques la moins importante n'est pas celle de sa-voir s’il faut former une garde nationale en Piémont, et on se prépareà l’organiser sans prendre aucune précaution pour nommer les officiers.Quand vous demandez les gardes nationales de Flandre pour accourirsur les frontières par lesquelles l’ennemi veut entamer la Flandre, c’estune raison; mais quand on lève le Languedoc, le Piémont, la Bour-gogne , on croit à une agitation qui n’existe pas : on ne remplit pas mesintentions, cela me coûte des dépenses inutiles.

» Napoléon.»