RELATIVES A WALCHEREN.
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« Au ministre de la police.
# Schœnbrunn, 26 septembre 1809.
«Une espèce de vertige tourne les tètes en France. Tons les rapportsque je reçois m’annoncent qu’on lève des gardes nationales en Pie'mont,en Languedoc, en Provence, en Dauphiné. Que diable veut-on faire detout cela, lorsqu’il n’y a pas d’urgence et que cela ne pouvait se fairesans mon ordre? Comme ces mesures passent le pouvoir ministériel, el-les devraient être autorisées par le conseil des ministres. On ne m’apas envoyé ce procès-verbal. A la nouvelle de l’expédition j’ai levé 30mille gardes nationales, et j’ai désigné les divisions militaires qui de-vaient les fournir. Si j’en avais voulu partout, je l’aurais dit. Quel’Artois, la Flandre, le Brabant, la Lorraine fournissent des gardes na-tionales pour marcher au secours d’Anvers, parce que l’ennemi a débar-qué dans l’Escaut, on comprend ce que cela veut dire. Mais lorsqu’onmet en armes le Piémont, le Languedoc, la Franche-Comté, le Dau-phiné, ces provinces ne savent ce qu’on leur demande. Le peuple prendde l’incertitude sur le gouvernement, les esprits travaillent, le moindreincident peut faire naître une crise. Je ne sais pas si l’on doit blâmerles individus du département des Forêts qui ont demandé à voir le dé-cret qui leur ordonnait de marcher; il me semble qu’ils avaient ce droitAussi me suis-je empressé d’envoyer le décret pour les départements queje voulais lever. Je ne sais ce qui s’est fait aux environs de Paris. Ilétait plus simple d’organiser 3 mille hommes pour remplacer la gardemunicipale, et de former deux ou trois bataillons pour aller à l’ennemiVoilà ce qu’il y avait à faire. Au momeut où je demande la conscription,occupez-vous de tout calmer. Parlez de cela au conseil des ministres.Comme je ne suis pas sur les lieux, je ne puis savoir ce qu’on a fait.Prenez des mesures pour que les préfets remettent les choses dans l’étatoù elles étaient. Je ne veux pas de gardes nationales autres que cellesque j’ai requises, et en y pensant mûrement je ne veux pas d’officiersque je ne connais pas. Les préfets, qui sont des têtes médiocres pourla plupart, sont loin d’avoir ma confiance pour un sujet de cette impor-tance. Si les gardes nationales étaient comme les gardes d’honneur, onaurait donné au peuple des chefs qui auraient un intérêt différent dusien, surtout s’il y avait une crise.
» Napoléon. »