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Tome premier.
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221
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PARTIE I, LIVRE VI. (1736. ) 221

Vice;, appelé M. Noiret. La maison étoit très logeable. Au-devantétoi't un jardin en terrasse, une vigne au-dessus, un verger au-dessous, vis-à-vis un petit bois de châtaigniers, une fontaine àporttée ; plus haut dans la montagne, des prés pour l’entretien dubétaûl, enfin tout ce qu’il falloit pour le petit ménage champêtreque nous y voulions établir. Autant que je puis me rappeler lestem ps et les dates, nous en primes possession vers la fin de l’étéde 1736. J’étois transporté le premier jour que nous y couchâmes.O maman ! dis-je à cette chère amie en l’embrassant et l’inondantde larmes d’attendrissement et de joie, ce séjour est celui dubonheur et de l’innocence. Si nous ne les trouvons pas ici l’unavec l’autre, il ne les faut chercher nulle part (*).

LIVRE VI.

1736.

Hoc erat in votis : modus agti non ita magnus,

Hortus ubi, et tecto vicinus jugis aquæ fons ,

Et paulùm sylvæ super liis foret.(”).

Je ne puis pas ajouter :

Auctiùs atque

Di melius fecere (***) ;

mais n’importe, il ne m’en falloit pas davantage ; il ne m’en fal-loit pas même la propriété, c’étoit assez pour moi de la jouis-

(*) Li maison qu'habita Rousseau avec madame de Warens, anxCharmettes, appar-tient maintenant à M. Raimond, connu par un Essai sur l’Émulation, un Élogede Pascal, et d'antres ouvrages littéraires et scientifiques. 11 a publié une Notice surles Chai mettes (in-8°, Ctiambéri, 1817, deuxième édition), ; ans laquelle il décrit endétail cette maison, dont l'intérieur et les accesso res subsistent tris qu'ils étoient autemps de Rousseau, et que les voyageurs viennent souvent visiter, attirés autant parla beauté du paysage environnant que par les souvenirs qui s’y lient. Auprès de laporte d'entrée de la maison e t une pierre blanche incrustée dans le mur, et que Hé-rault de Séchelles fit placer en 1792, lorsqu'il étoit commissaire de la conventiondans le département du Mont-Blanc. Elle porte l’inscription suivante :

Réduit par Jean-Jacque habité,

Tu me rappelles son génie,

Sa solitude, sa fierté,

Et ses malheurs et sa folie.

A la gloire , à la vérité11 osa consacrer sa vie,

Et fut toujours persécutéOu par lui-méme , ou par l'envie.

(“) Voilà tout ce que je souhaitois : une terre d’une étendue raisonnable, un jardin,une source d'eau vive près de la maison, et avec cela un petit bois. — Hor ., lib. II,sat. 6.

(*’’) Les dieux ont été au-delà de mes vœux. — id., Ibid.