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Tome premier.
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474
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474 LES CONFESSIONS.

« convenus que les gages du jardinier de l’Ermitage passeroient« par vos mains, pour lui mieux faire sentir qu’il dépendoit de« vous, et pour vous éviter des scènes aussi ridicules et indécentes« qu’en avoit fait son prédécesseur. La preuve en est, que les pre-« miers quartiers de ses gages vous ont été remis, et que j’étois« convenue avec vous, peu de jours avant mon départ, de vous« faire rembourser vos avances. Je sais que vous en fîtes d’abord« difficulté : mais ces avances, je vous avois prié de les faire ; il« étoit simple de m’acquitter, et nous en convînmes. Cahouet m’a« marqué que vous n’avez point voulu recevoir cet argent. Il y a« assurément du quiproquo là-dedans. Je donne ordre qu’on vous« le reporte, et je ne vois pas pourquoi vous voudriez payer mon« jardinier, malgré nos conventions, et au-delà même du terme« que vous avez habité l'Ermitage. Je compte donc, monsieur,« que, vous rappelant tout ce que j’ai l’honneur de vous dire, vous« ne refuserez pas d’être remboursé de l’avance que vous avez« bien voulu faire pour moi. »

Après tout ce qui s'étoit passé, ne pouvant plus prendre deconfiance en madame d’Epinay, je ne voulus point renouer avecelle ; je ne répondis point à cette lettre, et notre correspondancefinit là(*). Voyant mon parti pris, elle prit le sien ; et entrant alorsdans (outes les vues de Grimm et de la coterie holbachique, elleunit ses efforts aux leurs pour me couler à fond. Tandis qu’ilstravailloient à Paris, elle travailloit à Genève. Grimm, qui dansla suite alla l’y joindre, acheva ce qu’elle avoit commencé. Tron-chin, qu’ils n’eurent pas de peine à gagner, les seconda puissam-ment , et devint le plus furieux de mes persécuteurs, sans avoirjamais eu de moi, non plus que Grimm, le moindre sujet deplaiute. Tous trois d’accord semèrent sourdement dans Genève legerme qu’on y vit éclore quatre ans après.

Ils eurent plus de peine à Paris, où j’étois plus connu, et où lescœurs moins disposés à la haine, n’en reçurent pas si ahémentles impressions. Pour porter leurs coups avec plus d’adresse, ilscommencèrent par débiter que c’étoit moi qui les avois quittés

(*) Les Mémoires de madame d'Épinay démentent cette assertion ; car on y rap-porte (tom. 111, p. 256) une réponse de Rousseau que madame d’Épinay quai.ticplus impertinente que toutes les autres lettres, et dont l’éditeur des Mémoires aeu la complaisance de nous montrer l'original. On peut bien croire que Rousseau,écrivant plus de dix ans après l’événement, avoit tout-à-fait perdu le souvenir decette réponse. Quoi qu'il en soit, on Ja trouvera dans la Correspondance (année<758) ; elle commence par ces mots : Je t?ow, madame, que mes lettres .etc.