IES CONFESSIONS.
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■verrasur-le-champ le saisir : j’ai obtenu qu’on ne le poursuivrapas slil s’éloigne ; mais s’il persiste à vouloir se laisser prendre, ilsera pris. La Roche me conjura, de la part de madame la maré-chale, de me lever et d’aller conférer avec elle. Il étoit deuxheures;elle venoit de se coucher. Elle vous attend, ajouta-t-il, et ne veutpas s’endormir sacs vous avoir vu. Je m’habillai à la hâte, et j’ycourus.
Elle me parut agitée. C étoit la première fois. Son trouble metoucha. Dans ce moment de surprise, au milieu de la nuit, je n’é-tois pas moi-même exempt d’émotion : mais en la voyant je m’ou-bliai moi-même pour ne penser qu’à elle, et au triste rôle qu’ellealloit jouer, si je me laissois prendre : car, me sentant assez decourage pour ne dire jamais que la vérité, dût-elle me nuire etme perdre, je ne me sentois ni assez de présence d’esprit, ni assezd’adresse, ni peut-être assez de fermeté, pour éviter de la compro-mettre (n) si j’étois vivement pressé. Cela me décida à sacrifierma gloire à sa tranquillité, à faire pour elle, en cette occasion, ceque rien ne m’eût fait faire pour moi. Dans l'instant que ma réso-lution fut prise, je la lui déclarai, ne voulant point gâter le prixde mon sacrifice en le lui faisant acheter. Je suis certain qu’ellene put se tromper sur mon motif; cependant elle ne me dit pas unmot qui marquât qu’elle y fût sensible. Je fus choqué de cetteindifférence, au point de balancer à me rétracter : mais monsieurle maréchal survint; madame de Boufflers arriva de Paris quel-ques moments après. Ils firent ce qu’auroit dû faire madame deLuxembourg. Je me laissai flatter; j’eus honte de me dédire, et ilne fut plus question que du lieu de ma retraite et du temps demon départ. M. de Luxembourg me proposa de rester chez luiquelques jours incognito, pour délibérer et prendre mes mesuresplus à loisir ; je n’y consentis point, non plus qu’à la propositiond’aller secrètement au Temple. Je m’obstinai à vouloir partir dèsle même jour, plutôt que de rester caché où que ce pût être.
Sentant que j’avois des ennemis secrets et puissants dans leroyaume, je jugeai que, malgré mon attachement pour la France,j’en devois sortir pour assurer ma tranquillité. Mon premier mou-vement fut de me retirer à Genève; mais un instant de réflexionsuffit pour me dissuader de faire cette sottise. Je savoisque le mi-nistère de France, encore plus puissant à Genève qu’à Paris, neme Iaisseroitpasplus en paix dans une de ces villesque dans l’autre,
(a) Vab. ... de compromettre madame de Luxembourg si