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Tome premier.
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650 APPENDICE

dit encore le même écrivain, marchant tous à pas suspendus , lions fai-sions silence autour du repos de Rousseau , il vint s’établir (août 1768)dans une auberge de Bourgoin, petite ville de la même province, àtreize lieues de Grenoble. Sa gouvernante , qu’il était loin de vouloirabandonner, mais qu'il avoit laissée à Trve maîtresse de son sort, re-vient le rejoindre à Bourgoin , décidée à suivre partout sa destinée ; etRousseau , pour récompenser ce qu’il regarde comme un acte de dé-vouement, lui donne alors le titre d’épouse, qu’elle a porté jusqu’à samort. 11 est certain d’ailleurs qu’aucun acte civil ou religieux n’a jamaiscimenté cet engagement contracté, dit Rousseau lui-même, dans toutela simplicité, mais aussi dans toute la vérité de la nature , et en pré-sence de deux témoins oésignés nommément dans sa Correspondance ,circonstance qui suffit b en pour démentir ce qui a été dit et écrit il ya trente ans, et reproduit dernièrement encore sur ce sujet (*).

C’est à peu près à cette époque que se rapporte la publication duDictionnaire de musique, le dernier ouvrage de notre auteur publié deson vivant et de son consentement. 11 fut imprimé à Paris, et parut

(*) Voyez dans la Correspondance la lettre à M. Laliaud du 31 août 1768. et unpassage d’une lettre au comie de Tonnerre du (8 septembre suivant. Tes deux té-moins étaient M. de Chimpasneux, maire de Bourgoin, et sou cousin, M. de Koziè-res, tous deux officiers d’arMlcre C’est sans doute pour avoir oublié ce que nousapprend sur ce sujet Rousseau lui-même, que l’un de ses derniers éditeurs (M. deMusset', dans une note qui se rapporte au livre îxdes Confessions, où il est questionde ce mariage, a rapporté un fait apocryphe originairenr nt consigné dans le mau-vais ouvrage de M, de Barruel-Beauvert, dont il a été parlé précédemment. I>auscette prétendue Vie de J.-J. Rousseau, on lit en effet que rengagement fut prispendant une promenade, et eu la seule présence d’un sieur de Montciset. Ce n’estcependant pas sur la foi de M. de Barruel que M. de Musset établit ce fait, mais surcelle d’un mercier de la rue Plâtrière qui le racontait dans les mêmes termes, pourl’avoir lu sans doute dans J’ouvrage de M. de Barrucl. Mais il y a plus : ce même mer-cier, nommé Venant, y ajoutait encore un fait postérieur, que M. de Mus et rapporteégalement, s-ns prétendre à la vérité le garantir, maïs qui est trop contraire aux:principe* de Rousseau, trop déshonorant pour sa mémoire, et par conséquent tropinvraisembiab e, pour qu’il méritât une mention sérieuse. A en croire donc leditVenant. « Thérès* Le Vasseur, peu contente d’un mariage en plein air, en vouloit« un autre; il falloit un billet de confession de la part de J -J. Il se le procura« moyennant un bon souper, et la cérémonie eut lieu à Moutmorency en 1770. > Et ceseroit Rousseau lui-même qui auroit fait c tte belle confidence au mercier Venant,,chez qui v logeoit et avec lequel il vivoit dans l’intimité!

- L'absurdité de tout cela saute aux yeux. D’abord ie fait n’est pas si ancien qu’il ne-pût ai>ément être vérifié sur lesregistr. s de Montmorency : croira-t-on ensuite qu’untel acte t ut pu rester secret, lorsque tant de gens alors étaient intéressés à le tympa-ni-er? Enfin cette dérogation à des principes de conscience et d'honneur si long-temps et si hautement professés est-elle présumable dans celui qui, dès 1761, écrivoità madame de Luxembourg qu’tm mariage public lui etoit iwpossib'e à cause d&la différence des religions? (Lettre du 12 juin). G. P. — La note relative an ma-riage de Rousseau ne se trouve pas dans l’édition dese- œuvres publiée chez Dupont ;éclairé sans doute par ces observations, M. Musset-Pathay s’est borné à renvoyer lelecteur a son Histoire de Rousseau, on le fait se trouve consigné comme le rapporteM. Petitain.