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Tome premier.
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651
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AUX CONFESSIONS. (1769-1770.) 651

chez la veuve Duchesne, à qui il l'avoit vendu à son retour de la Suisse.Cette publication n’offre (l’autre circonstance remarqua! de que la pré-caution qu’il prit de faire soumettre de nouveau cet ouvrage à la cen-sure, à raison de passages raturés, puis rétablis dans le manuscrit aprèsla mort du premier censeur. C’est l’objet de la lettre qu’il écrivit deTrye an lieutenant de police, le 9 septembre 1707, et qui prouve De soinscrupuleux qu’il mit constamment à se conformer aux lois existantesen cette partie.

(1769.) La santé de Rousseau, et de celle qu’il faudra bien doréna-vant nommer sa femme, fut bientôt cruellement affectée par les eauxmarécageuses de Bourgoin. Ce motif le décida à s’établir à Monquin ,Jsur une hauteur à peu de di-tance de la même ville, et clans la maisond’un gentilhomme nommé M. de Cézarges. S’il y recouvre quelquebien-être au physique, les mêmes agitations, les mêmes inquiétudesl’y pour-uivent ; et, pour surcroît, celle qu'il vient de nommer sonépouse, trouvant sans doute dans ce nouveau titre un droit de plus pour|se montrer plus exigeante à certain égard (*), lui fait r ssentir encored’antres chagrins. C’est de ce séjour à Monquin que datent deux de seslettres les plus remarquables , en ce qu’elles font plus clairement con-noître à cette époque , et le triste état de sa tète, et toutes les souf-frances de son cœur : la première, du 12 août 1709, écrite à sa femmependant une herborisation qu’il étoit allé faire à quelque distance ; laseconde, du 20 février 1770, adre-sée à M. de Saint-Germain, et la pluslongue de toutes celles dont sa Correspondance se compose. Nous neparlerons pas de cette dernière, où il ne fait que ressasser tout ce qu’ila déjà écrit cent fois sur les manœuvres de ses ennemis et les persécu-tions auxquelles il se dit en butte ; mais nous ferons sur la premièreme observation qui n’a pas encore été faite , et d’autant plus impor-.ante qu’elle fait clairement connoître quelle étoit l’opinion de mPeyrou sur Thérèse Le Vasseur. C’est Du Peyrou qui le premier a pu-)lié cette lettre dans son édition de la seconde partie des Confessions!t de la Correspo-, dance (Neuchâtel, 1790), Du Peyrou, le plus fidèleuni de Rousseau, le plus discret, le plus jaloux de l’honneur de sa mé-noire, comme sa conduite l’a bien prouvé. Or il a publié la lettre delousseau à sa femme du vivant même de celle à qui elle étoit adressée ;t par le contenu de cette lettre, et par les circon tances de sa publi-ation , on peut juger du degré de son mépris pour cette femme. Ja-oais aucune peut-être n’en reçut une marque plus avilissante et plusensible.

(1770.) Toujours mécontent de sa situation présente, toujours disposéchanger de lieu, Rousseau avoit décidé un déplacement nouveau , etvoit même déjà quitté Monquin, lorsqu’une souscription ouverte piour

(*) Thérèse Le Vasseur n'avoit pas alors moins de quarante-cinq ans, et Rousseauî avoit cinquante-six.