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Tome premier.
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652
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652 APPENDICE

élever une statue à Voltaire lui fournit l’occasion d'une vengeancedigne de lui, occasion qu’il dut s’empresser de saisir. C’est de Lyonqu'il écrivit à M. de La Tourelle celte lettre qui fit tant de bruit dansson temps.

« Lyon, le 2 juin (770.

« J’apprends, monsieur, qu’on a formé le projet d’élever une statue« à M. de Voltaire, et qu’on permet à tous ceux qui sont connus par« quelque ouvrage imprimé de concourir à celle entreprise. J’ai payé« assez cher le droit d’être admis à cet honneur pour oser y prétendre,ii et je vous supplie de vouloir bien interposer vos bons offices pour meii faire inscrire au nombre des souscrivants. J’espère, monsieur, quen les bontés dont vous m’honorez, et l’occasion pour laquelle je m’en« prévaux ici, vous feront aisément pardonner la liberté que je prends,ii Je vous salue, monsieur, très humblement et de tout mon cœur. »

La souscription de Rousseau éloit de deux louis. « La simplicité» qu’il mit à cette action , dit Ginguené, et le chagrin d’enfant qu’en« témoigna Voltaire, ajoutent également à son triomphe. » Ginguenérapporte la lettre qu’à ce sujet Voltaire s'empressa d’écrire à M. de LaTourelle, et qui contient, dit-il, une révélation immense. Nous enavons précédemment cité un passage ( page 635, à la note ).

Jusqu'à présent tant de voyages et de déplacements successifs nenous ont paru explicables que comme effets d'une maladie mentale quine laissoit pas à l’infortuné dont nous retraçons les malheurs un mo-ment de tranquillité. Peut-on attribuer à la même cause la résolutionsubite, et presque aussitôt exécutée que formée, de revenir à Paris, detous les séjours assurément celui dont ses idées dominantes et songoût décidé pour la campagne dévoient le plus l’écarter? D’ailleurs ilavoit acquis à Bourgoin un nouvel ami qui méritoit et avoit obtenutoute sa confiance, et qui étoit bien fait pour le fixer dans son voisi-nage, mais dont les sages conseils ne furent point écoutés en cette oc-casion. La manière dont cette liaison nouvelle se forma, et ce qui s’enest suivi, est trop caractéristique pour que nous n’en fassions pas con-noitre au moins les principales circonstances.

De toutes les personnes distinguées qui habitaient Bourgoin, M. deSaint-Germain, chevalier de Saint-Louis, étoit le seul qui, loin de re-chercher la société de Rousseau, semblait au contraire éviter de levoir (*). Ce fut précisément cette circonstance, jointe sans doute à la

(*) Tout ce qui suit est extrait d'uu recueil manuscrit que nous a communiquéjj. Barbier, bibliothécaire du conseil d'état. Il contient toute la Correspondance deRousseau avec il. de Saint-Germain, et de plus, une introduction et une noticefaites par ce dernier à l'appui de cette Correspondance. Ce manuscrit, qui faisoitpartie des livres de feu M. Broussonnet, secrétaire de la Société d'Agriculture, n’està la vérité qu'une copie qui n’a par elle-même aucun caractère d’authenticité. Mais ily a d'autant plus lieu de croire cette copie fidèle, qu'elle se rapporte parfaitement avec