APPENDICE
656
puisque, d’une part, il avoit Ui(> livres de rente viagère O, et quede l'autre, de tant d’amis qu'il avoit eus, tous ceux qu’il consentoitencore à voir se dispuloieut réellement l’honneur de le recueillir, et,en respectant et maintenant son indépendance, de remplir ses mo-destes voeux. Il se décida en faveur du marquis de Girardin, qui luioffroit une retraite dans sa terre d’Ermenonville, où il alla s’établir le20 mai 1778, après huit ans de séjour dans la cap taie.
(17711778.) Quelque désir' que nous ayons de ne pas trop pro-longer cet Appendice , comme offrant avec l’ouvrage auquel il faitsuite un terme de comparaison dont l’effet est pour nous tant à re-douter, nous sentons cependant que le lecteur auroit à nous reprocherde ne pas nous être un peu étendu sur les circonstances de ce longséjour de Rousseau à Paris, d’autant plus que ce séjour fut marquéencore par des productions importantes, même par un succès litté-raire assez éclatant, et que d’ailleurs des détails de vie privée et desrelations avecquelques hommes distingués, qui se sont fait un honneurd'en publier les particularités les plus intéressantes, permettent encoreà son biographe de le présenter sous un aspect aimable, et de le faireretrouver quelquefois tel qu’il éloit naturellement et dans les plusheureux temps de sa vie.
Pour ne parler d’abord que de ses ouvrages, il paroît, dans les deuxpremières années de son retour à Paris, s’etre uniquement occupé debotanique, et avoir consacré, à former des herbiers et à écrire deslettres particulières sur celte science, le temps que lui laissoit librel’exercice de son métier de copiste. De cet emploi de ses loisirs résul-tèrent, outre une suite de 1 ttres à M. de La Tourelte et à la duchessede Portland, qui s’étendent jusqu’en 1770, les Lettres élémentairesp'us généralement lues, qui mériteront toujours de l’être, en ce qu’ellesoffrent le commencement d’un cours abrégé de botanique , et qui fontvivement regretter qu’elles n’aient pas été continuées par leur au-teur (’*). Elles ont été adressées à madame Delessert, mère de MM. De-lessert, si honorablement connus aujourd’hui dans la banque et dansl’administration. Cette dame, que Rousseau dans ses lettres appeloitpar amitié ma cousine, résidoit alors à Lyon avec sa sœur, désignéedans les mômes lettres sous le nom de la tante Julie. Indépendam-
O C'est la brochure de Le Bègue de Presle, dont il sera ci-après parlé, qui nousfournit ce document, et le témoignage de ce médecin, in imement lié avec H. de Gi-rardin et avec Rousseau même, est incontestable. A ia vérilé Rousseau, dans unelettre à M. Lenoir, du 13 janvier 1772. ne porte ce revenu qu'à onze cents livres, etil en indique même les sources, Mais il est certain qu’il reçut postérieurement deuxmille écus de l'Opéra, et il paroît qu'au moins une partie de ret e somme avoit étéplacée. Voyez le Discours préliminaire de Du Peyrou, en tête de son éaition desConfessions publiée en 1790.
(**) Elles l'ont été par un professeur de botanique en Angleterre, M. Martyn, dontl'ouvrage a été traduit eu françois et inséré dans l'édition des Oliuvres de J.-J. Rous-seau donnée par Poinçot en 1793, 39 vol. in-8o.