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Tome premier.
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657
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AUX CONFESSIONS. (1771-1778.) 657

ment des Lettres élémentaires , on sait qu'il existe beaucoup d’autreslettres de Rousseau à la même dame, qui plus d’une fois ont été de-mandées à ses enfants pour être imprimées. Mais madame Delessertayant témoigné le désir qu’elles ne fussent pas publiées, ses enfantsse sont fait un devoir de respecter ses intentions : d'ailleurs , nous te-nons de M. le baron Delessert lui-même, que si ces lettres ont l’es-pèce de mérite qui appartient généralement à toutes celles de leurauteur, elles n’ont dans leur objet propre rien d’assez intéressant pourêtre mises sous les yeux du public. Il faut donc, sous un double rap-port, louer celte discrétion dont il eût été à souhaiter que'tou s les édi-teurs des OEuvres de Rousseau se fussent fait un devoir pour plusd’une lettre alors inédite, et qui pouvoit bien rester telle sans que sagloire y perdît rien.

Ce fut dans les trois ou quatre derniers mois de 1772 que Rousseauécrivit ses Considérations sur le gouvernement de Pologne. Il céda encela aux instances d’un noble Polonois (lecomtede Wielhorski), spécia-lement chargé de cette mission, et qui paroissoit attacher le plus grandprix à un plan de constitution tracé pour sa patrie par l’auteur du Con-trat social. La même demande fut faite à Mably, qui y satisfit avecun zèle et un empressement égal. L’ouvrage de ce dernier, intituléDu gouvernement et des lois de la Pologne , a été aussi publié, et faitpartie de la collection de ses OEuvres {*}.

II n’est pas dans notre objet de porier un jugement sur le fond de cesConsidérations, qui offrent une belle application pratique, et consé-quemment une modification, en plus d’un cas, des principes établisdans le Contrat social. Ce qu’il nous convient seulement de faire remar-quer ici, c’est la preuve résultant de cet ouvrage, qui peut figurer au

(') L’ouvrage de Mably a tous 1rs défauts qu’on remarque dans ses autres écrits, oùla sagesse des principes et la justesse des idées ne rachètent point la fatigue (pie fontconstamment éprouver sa manère d’écrire lourde et diffuse, et son style que rien n’a-nime et ne vivifie. D'ailleurs, il s’appesantit sur des détails, et ne s'élève point à cesidées générales qui se rattachent aux plus nobles sentiments, et propres à donner auxvues politiques un corps et un ensemble faits pour frapper vivement l’rsprit et l’ima-gination. Les Considérations de Rousseau au contraire, indépendamment de l’éclatdu style et de cetle chaleur < nlraînante qui lui est propre, brillent éminemment parces vues générales et cette élévation de sentiments et d'idées qui font vivre et lire unouvrage long temps après que les circonstances qui l'ont fait naître n’exis'ent plus.Celui de Mably tout entier n’offre rien de comparable, même aux yeux de l'hommed’état le plus timide et le moins exdté, aux quatre premiers chapitres et aux on-zième et treizième de l’ouvrage de Rousseau. Il faut convenir pourtant que dans l’in-dication des mesures et précautions à prendre pour atteindre le but proposé, Mablydonne aux Polonois des conseils d'une utilité plus immédiate et bien plus certaine; et ily a d’autant moins à s'en étonner, qu’il avoit sur Rousseau l'immense avantage, d’abordd’être, par l'effet de ses études habituelles, bien mieux instruit des intérêts des puis-sances étrangères el de leur position respective relativement à la Pologne ; ensuited’avoir vu par lui-même le pays et ses habitants. Avant d’écrire son ouvrage, il avoitaccompagné le comte de Wielhorski en Pologne, et y avoit séjourné une année entière.