APPENDICE
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« que nul métier ne convenoit mieux que celui de copiste à ses goûtsn et a son caractère...(*). Je lui ai entendu dire qu’en copiant de la mu-« sique il jouissoit d’un concert parfait, ce qui ne lui étoil jamais ar-« rivé autrement.
« Comme il avoit imaginé précédemment une méthode nouvellen pour noter la musique, il s’occupoit alors à inventer une écriture« abrégée pour la botanique. J’ai vu, écrite de sa main, avec ces nou-n veaux caractères, une partie des genres et espèces de Linné, qu’il« rassembloit dans un fort petit volume, pour pouvoir le porter plus« aisément avec lui dans ses promenades solitaires. 11 aimoit etesti-ii moit cet auteur, dont chaque parole est une pensée; mot que je lui aiii souvent ouï répéter.
n II se procuroit divers livres de botanique, surtout d’anciens au-« leurs, tels que Ray, linihin, etc., dont il faisoit des extraits écrits« et rangés avec un soin et un ordre recherchés. Ce travail, à la fin den sa vie, prit la p ace des courses de botanique auxquelles il disoit avoirii renoncé par lassitude et par ennui, pareeque les environs de Paris« ne lui offroient plus rien de piquant.
« Son goût pour copier étoit tel, que je l’ai ouï assurer qu’étant enii Dauphiné, il y avoit copié presque tout Mézeray de sa propre main,ii et il avoit quelque peine à s’empêcher de sourire en pensant à l’em-« pressement avec lequel on recueilleroit ce précieux manuscrit. Cepen-ii dant l’activité de son génie forçoil cette espèce d'entrave oh il vou-« loit l’assujettir, et dans le temps même où il cherchoit à tenir sonn imagination captive, elle l’entraînoit dans des méditations et le je-« toit dans des rêveries dont il ne sortoit que pour répandre sur le pa-« pier les sentiments qui fagitoient. » (Lettre du professeur Prévost,insérée dans les Archives littéraires, année 1804, tome n.)
Si celte revue qu’il a fallu faire des ouvrages composés par notreauteur à Paris, et le tableau des circonstances qui s’y lient, nous ontentraîné assez loin, nous aurions de quoi nous étendre bien plus en-core sur ce qui regarde ses relations sociales et sa vie privée dans cememe intervalle. Mais cette tâche devient en^qu. lque sorte inutile,puisqu’elle a été déjà remplie, et d'une manière satisfaisante, par unhomme estimable qui vécut familièrement avec Rousseau tant qu’ilresta à Paris, et dont le récit, fait avec simplicité et candeur, est dignede conliance. C’est l’écrit de Corancez, formé d’une suite d’articlesinsérés en 1798 au Journal de Paris, et dont la réunion a formé unebrochure de 73 pages. Il existe un autre ouvrage sur le même sujet, mais
(*) On sait qu’il fit lui-même deux copies de la Nouvelle Héloïse, l’une destinée *madame de Luxembourg, l’autre à madame d'Houdetot. Elles existent encore, etsont faites avec tant de soin et de netteté, qu'elles peuvent passer pour des chefs-d'œuvre de patience. Chaque page est réglée au crayon ; toutes les lignes sont com-passées comme dans un livre imprimé, et les deux manuscrits sont sans rature.